Après les fugueurs, les opposants au projet d'aéroport appellent les mélomanes à venir grossir leurs rangs. Tout le week-end, le site de Notre-Dame-des-Landes accueille un festival de musique. Une contestation plus festive... au risque de perdre son âme ?

La page Facebook de l'évènement annonce fièrement 8.600 invités pour ce week-end de fête et de concerts. Un week-end sous haute surveillance, puisque la police filtre étroitement les routes d'accès au site de Notre-Dame-des-Landes, sans aucun heurt pour l'instant avec la foule.

Quatre chapiteaux (deux grands et deux plus modestes) ont été dressés sur place. On peut notamment y entendre le groupe Tryo ou la rappeuse Keny Arkana. Pour les organisateurs, c'est l'occasion d'élargir encore leur mouvement en y invitant les amateurs de musique.

D'ailleurs l'objectif est clairement affiché : faire venir le plus de monde possible. Julie Marie-Leconte.

Autre objectif : faire oublier les affaires de fugues qui ont un peu terni l'image du mouvement ces derniers jours. Deux fugueurs mineurs ont été retrouvés hier à Notre-Dame-des-Landes. Auparavant, ce sont deux jeunes filles qui ont été "exfiltrées" par leurs parents, venus en personne sur le site. Des parents qui assurent avoir été victimes de violences au moment de récupérer Camille, 17 ans. Son père a même porté plainte pour "coups et blessures avec armes". La mère de Geneviève, la deuxième adolescente, dénonce elle des "méthodes sectaires". D'autres témoins affirment qu'il n'y a eu aucune violence physique lors du départ des deux jeunes filles.

Le site du futur aéroport s'est en tout cas transformé en une zone "alternative". Rebaptisée "zone à défendre" par les militants, on y lutte plus (seulement) contre l’aéroport, mais aussi contre son monde. Une forme d'utopie "loin de la société de consommation et du monde capitaliste".

Un modèle qui attire notamment les jeunes.

Ces trois jours sont aussi un test pour les militants : non-autorisée, la manifestation est sous étroite surveillance. La préfecture n'a pas voulu l'interdire mais a donné des consignes très strictes aux forces de l'ordre. Hier soir le filtrage mis en place avait déjà provoqué deux heures de retard pour les premiers concerts.

Pendant ce temps, musique ou non, le combat de Notre-Dame-des-Landes attire bien au-delà des frontières de la Loire-Atlantique...Une dizaine de Lillois ont pris la route vers la ZAD ce matin. Ils vont parcourir 600 km à pied en un mois.

Écoutez Grégory Pasqueille, l'un de ces marcheurs militants.

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