Nourissier « Roman amusé », telle aurait pu être la vie de François Nourissier, couvert d’honneurs littéraires, mais un peu trop désabusé, trop lucide sur son propre personnage. « Eau de feu » qui vient de sortir en poche est tout simplement admirable. Jamais Nourrissier n’est aussi bon que lorsqu’il se moque de lui, dans un style absolument sublime. Il est le meilleur, et ses romans sont illisibles. Mais quel bonheur avec le génial « A défaut de gênie », tout dans le titre, ou avec « Un petit bourgeois » ! Ainsi on peut avoir le plus beau des styles et ne pas savoir écrire. Enfin : écrire la « Chartreuse de Parme » ou « Madame Bovary ». Bizarre. Autant je déteste Morand, sa vie son œuvre, je n’éprouve rien pour d’Ormesson, sa vie etc, autant j’aime Nourrissier. Non, Nourissier ne faisait pas partie des « hussards », Nourissier était extrêmement tolérant (et oui !) jamais hautain, jamais bête, parfois ingénu (et oui !) et il voyageait et chantait mezzo voce dans le labyrinthe littéraire mieux qu’Orphée. Alcool. Ah, alcool... Il en a bu et parlé mieux qui quiconque, mieux que Deleuze, mieux que Jünger. Il aimait le ski. Il glissait à coté de sa propre vie, il louvoyait, toujours élégant. Foudroyé, au sens strict, par la mort de sa femme, capable d’amour fou, de désespoir, ce mangeur de femmes, ce petit bourgeois qui ne l’était pas ! Salut à Blondin, Debord, Signoret et quelques autres la-haut. Et surtout à votre douce épouse. Mélancolie heureuse « Ensemble nous décidons que la Terre est un seul et petit jardin ». Albin Michel republie « Thomas et le voyageur. Esquisse du jardin planétaire.» de Gilles Clément, qui est un hymne, un hymne pianissimo, à quoi d’ailleurs ? A la beauté du paysage ? A la rêverie ? A la Terre ? A la vie ? A la lenteur ? A la patience ? Qui aime les paysages et les fleurs ne peut être tout à fait mauvais. « Vous trouvez que la Terre est un peu solitaire, isolée dans le vaste univers. » Tristesse de l’infiniment petit et de l’infiniment beau – l’univers. Thomas correspond avec le voyageur, qui est en Tanzanie, en Nouvelle-Zélande et nous glissons en barque, en pirogue peut être, au fil du roman. Quelle chance de ne pas avoir encore lu ce roman ! Le coin de l’obsédé Je ne sais si je vous avais parlé du livre de Martin Davidson « Le nazi parfait » (Editions Jacob Duvernet). Et bien, voilà une faute réparée, pour tous les obsédés comme moi de la période nazie. Voyage terrifiant au cœur du nazisme les gars, le nazisme sur la commode entre la théière et la bière. Moi qui suis un peu pervers, j’adore le passage où l’auteur reconnaît dans Jünger l’un des formateurs de la mentalité nazie avec Orages d’acier. Le passage sur Mein Kampf est tout auss surprenant. Amis obsédés « Le nazi parfait » évoque le nazi qui n’a jamais rien renié, jamais rien regretté, et est mort de sa belle mort après avoir vu la réunification de l’Allemagne... Etonnant.

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