Leur sites internet ont eu toute la nuit pour actualiser leurs infos sur ce non pas un mais probablement deux attentats à Barcelone et à Cambrils, près de Tarragona.

A la Une de La Razón - Espagne au lendemain de l'attentat de Barcelone: "unis contre le terrorisme
A la Une de La Razón - Espagne au lendemain de l'attentat de Barcelone: "unis contre le terrorisme © La Razón

Il se trouve que la Catalogne est aussi le siège de quelques uns des plus anciens et des plus illustres quotidiens espagnols. A commencer par La Vanguardia dont, historiquement, les bureaux se trouvent à deux pas des Ramblas.

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La Vanguardia qui titre ce matin : « nous ne permettrons jamais qu'ils gagnent », comme une sorte de défi à la barbarie et qui poursuit dans son édito : « à partir de maintenant, Barcelone devra mieux se protéger et en même temps, elle devra surmonter la peur ».

« Les Barcelonais et les millions de visiteurs doivent surmonter la douleur et recommencer à envisager l'avenir avec espoir, comme ils l'ont fait après les 21 morts de l'attentat contre le supermarché Hypercor en 1987. Ils veulent nous déstabiliser ? »

« Ils n'y parviendront pas. Nous ne permettrons pas qu'ils gagnent cette partie-là ». L'autre grand quotidien barcelonais, El Periódico de Catalunya, parle de "Djihad atomisé" pour expliquer que les villes occidentales sont toutes des objectifs potentiels.

« Sans la guerre en Syrie, sans le conflit israélo-palestinien, sans la tolérance occidentale vis-à-vis des autocraties arabes, sans l'invasion de l'Irak par les Etats-Unis en 2003, impossible de comprendre ce djihad disséminé, urbain et de peu de moyens ».

A Madrid, la choc à la une du premier quotidien du pays : El País...

El País qui barre sa une avec ce titre : « massacre terroriste sur La Rambla de Barcelone » et un édito particulièrement émouvant résumé par son titre : « sangre en mi cuidad », « ma ville ensanglantée ».

« La camionnette meurtrière a parcouru plus d'un kilomètre. Furieuse, elle a semé les morts et de blessés la Rambla, l'avenue de ma ville. Depuis le cœur de Barcelone, la place de Catalogne, jusqu'au Liceu, son théâtre, son opéra. »

Le scénario de ces attentats est toujours le même en Europe et au-delà

Une capitale célèbre, un lieu emblématique, un espace très fréquenté, des badauds sans défense et comme arme mortelle, un véhicule du quotidien qui justement, n'a rien d'une arme. »

Et El País conclut : « ils peuvent apporter la mort, ils peuvent remplir nos yeux d'horreur, mais ils n'auront jamais nos cœurs. Les fils de Joan Miró, cet immense peintre catalan de la paix et de la sérénité, n'ont jamais appris à haïr. ».

L'autre grand quotidien madrilène est, lui, plus martial et titre « la terreur de l'Etat islamique frappe l'Espagne ». Et pousuit sur le même ton dans son édito : « unité et fermeté dans la lutte contre le djihadisme dans toute l'Europe ».

« Toute l'Europe est dans la ligne de mire des terrorirstes de l'Etat islamique ou d'Al Qaida. Mais Barcelone est, au côté de Ceuta, Madrid, Melilla, les principales villes espagnoles où le djihasime a trouvé en Espagne des adeptes et des caches ».

Enfin, je voulais terminer cette revue de presse par l'étonnant éditorial du quotidien en ligne Publico : intitulé Douleur, images et pardon, se sont des excuses en fait : des excuses de la rédactrice en chef de ce webzine très lu pour avoir diffusé, comme beaucoup de quotidiens espagnols d'ailleurs, des photos et des vidéos des attentats presque sitôt avoir été prises. On y distinguait clairement les visages des victimes et les internautes ont été choqués et se sont plaints : le journal demande dont pardon à ses lecteurs et aux victimes pour avoir ainsi violé leur intimité ».

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