Les opposants au mariage pour tous ont rassemblé entre 340.000 (police) et un million (organisateurs) de personnes dimanche dernier. Ce week-end et le suivant, les partisans du projet vont occuper la rue pour "ne pas la laisser à l'opposition".

l'examen du texte sur le mariage gay piétine en commission
l'examen du texte sur le mariage gay piétine en commission © reuters

Les organisateurs assurent qu'ils ne veulent pas se lancer dans une guerre des chiffres. N'empêche : la mobilisation des "anti" a sans doute relancé la mobilisation des "pro". Objectif : montrer que les Français "dans leur diversité" soutiennent la réforme. "Nous prouverons avec cette manifestation que cette question est soutenue par beaucoup de gens, bien au-delà des personnes homosexuelles", assure Nicolas Gougain, porte-parole de l'Inter-LGBT, à l'origine du défilé. "En permettant l'égalité des droits, c'est toute la société qui progresse".

Ce samedi, les cortèges seront dispersés un peu partout en France, dans les grandes villes (Marseille, Lille, Rennes, Strasbourg, Bordeaux, Toulouse...) Pour la grande manifestation nationale, il faudra attendre le 27, donc le dimanche suivant, deux jours avant le début des débats au Parlement.

Une mobilisation de plus en plus forte un peu partout

Le Parti socialiste en est persuadé, le mouvement pour le mariage pour tous va encore prendre de l'ampleur pour contrer la mobilisation massive des opposants. Et notamment en région, avec des iniatives de plus en plus nombreuses que lors de la première manifestation, deux semaines avant Noël. "Il y a une forme de fierté à se mobiliser et à ne pas laisser uniquement les anti s'exprimer", explique Marc Coatanea, secrétaire national du PS chargé des questions de société.

"Nos proches, nos familles affichent eux aussi leur ras-le-bol et veulent se mobiliser cette fois-ci pour montrer que la France n'est pas uniquement celle que l'on a vu défiler le 13", explique de son côté Nathalie Mestre, de l'association Arc-en-ciel.

Exemple dans un petit village de l'Allier, Louroux de Beaune, où les habitants ont signé une pétition pour le mariage homo. Reportage de Dominique Manent.

Les partisans battent le rappel un peu partout : tracts, réseaux sociaux, organisation des transports pour les déplacements. Des TGV, des bus ont été affrétés, comme pour la "manif pour tous" du 13 janvier. Toutefois, "nous n'avons pas les moyens financiers du camp d'en face", se désole Nicolas Gougain, et "il est toujours plus facile de rassembler contre que pour".

Les "contre" estiment toujours qu'on ne les écoute pas

Car dans l'autre camp, on est toujours aussi mobilisé. Une fois la manif passée, ils appellent toujours à exprimer leur opposition via différents moyens. La très puissante association des familles catholiques appelle ainsi tous les manifestants à écrire personnellement au chef de l'Etat pour lui demander de retirer son projet.

Antoine Renard, son président, au micro de Laetitia Saavedra.

Plusieurs dizaines d'élus locaux et nationaux vont eux directement remettre un courrier à François Hollande mercredi prochain sur la question. Ils se réuniront à la mi-journée devant l'Assemblée nationale avant de se diriger en délégation à l'Élysée.

Enfin, certains misent sur la prière comme ultime rempart contre le projet de loi. L'institut Civitas appelle à une veillée de prières devant l'Assemblée nationale dans la soirée du 29 janvier, le jour de l'ouverture du débat devant les députés. Pour son président Alain Escada, "la prière est l'arme la plus puissante contre les forces du mal" et contre ce projet de loi "contre-nature".

Selon un sondage publié vendredi, 45 % des Français souhaitent un référendum sur le sujet. Mais la moitié estime aussi que la concertation a été suffisante.

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