Trois des réacteurs qui devaient redémarrer avant le réveillon ne seront pas rebranchés. Des précautions, assure EDF, qui ne plongeront sans doute pas la France dans le noir.

La centrale du Bugey, à Saint-Vulbas, dans l'Ain. Le réacteur 4, à l'arrêt, doit être relancé le 8 janvier.
La centrale du Bugey, à Saint-Vulbas, dans l'Ain. Le réacteur 4, à l'arrêt, doit être relancé le 8 janvier. © AFP / PHILIPPE DESMAZES / AFP

On les attendait avant le réveillon, mais ils ne seront pas prêts. Parmi les 18 réacteurs qui devaient être inspectés après la détection d'une anomalie susceptible d'affaiblir leur résistance, les trois redémarrages prévus d'ici à la fin de l'année ne seront finalement effectifs qu'entre le 8 et le 14 janvier.

A l'origine de ces retards, des précautions de l'électricien national ou de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Cette dernière, qui avait donné début décembre son feu vert sous condition au redémarrage de sept réacteurs, a demandé des informations complémentaires avant la reprise Gravelines 2.

Une fastidieuse remise à niveau

Pour Tricastin 4, c'est EDF qui a choisi de reporter le redémarrage, pour le réaliser "dans les meilleures conditions", d'autant que deux tranches de cette centrale feront, dans les jours qui viennent, l'objet d'un arrêt pour l'une (Tricastin 2, courant janvier) et d'une reprise pour l'autre (Tricastin 3, lundi). A Bugey 4, enfin, des opérations de maintenance complémentaires se sont révélées nécessaires avant le redémarrage.

Au total, sur les 18 réacteurs concernés par ces contrôles sur les générateurs de vapeur, dont l'acier révélait une concentration excessive en carbone, huit sont déjà reconnectés au réseau, indique RTE, le gestionnaire du réseau de distribution français. Ce qui porte le nombre total de réacteurs en activité à 46.

Risque-t-on un black-out ?

Ces arrêts pourraient-ils menacer la sécurité d'approvisionnement de la France en électricité cet hiver ? Les prévisions de consommation de RTE prennent compte la météorologie – la température attendue ou la nébulosité (et les besoins d'éclairage induits par les nuages…) – et l'activité économique, notamment. Elles permettent d'anticiper des pics de consommation.

Si l'on s'en tient aux projections actuelles de RTE, la prévision pour les jours à venir ne dépasse pas les capacités de production, sur la base des relevés effectifs de ces derniers jours. En gros, on ne produira pas moins et on ne consommera pas beaucoup plus. Sauf si l'air en France métropolitaine se révèle plus froid que prévu . Ce qui, avec un puissant anticyclone bien installé sur l'Hexagone, se révèle probable.

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