Barack Obama a été largement réélu président des Etats-Unis. Pour ce deuxième et dernier mandat de quatre ans, de nombreux dossiers l'attendent : emploi, dépenses publiques, assurance maladie, politique étrangère.

COHABITATION AU CONGRES

Si le démocrate Barack Obama est confirmé dans ses fonctions présidentielles, pas de changement non plus du côté du Congrès. Si les démocrates conservent la majorité au Sénat, la Chambre des représentants, elle, est toujours dominée par les républicains. D'après les dernières estimations, les républicains obtiennent 225 sièges sur les 435 et 170 sièges pour les démocrates. C'est donc avec une nouvelle cohabitation que Barack Obama devra composer.

La donne ne lui a d'ailleurs absolument pas échappé: dès son premier discours de victoire, Barack Obama s'est dit "impatient de tendre la main et de coopérer" avec l'opposition, particulièrement sur les dossiers du déficit ou de l'immigration.

Coté républicain, Mitt Romney, en concédant sa défaite, a lui aussi appelé démocrates et républicains à tourner le dos aux "affrontements partisans". "Notre nation, ainsi que vous le savez, est à un moment critique. Dans un moment comme celui-là, nous ne pouvons pas prendre le risque d'affrontements partisans et de postures politiciennes", a-t-il dit depuis son QG de Boston.

IMPOTS ET DEPENSES PUBLIQUES

Barack Obama qui devra pourtant compter sur la bonne volonté des républicains s'il veut sortir de l'impasse budgétaire. En effet, sans accord bipartisan, des coupes automatiques interviendront début 2013 dans les dépenses publiques et les baisses d'impôt décidées sous George Bush et reconduites en 2010 seront supprimées. Or, jusqu'à présent, démocrates et républicains ne partagent pas vraiment les mêmes objectifs. Quand les premiers, selon le positionnement de Barack Obama, ne se disent prêts à reconduire les baisses d'impôts de l'ère Bush que pour les revenus annuels inférieurs à 200 000 ou 250 000 dollars; les républicains, eux, refusent net l'idée d'un quelconque plafonnement.

"Le peuple américain veut des solutions et a répondu ce soir en renouvelant notre majorité républicaine à la Chambre", a souligné John Boehner, le président républicain de la chambre sortante. "Par ce vote, le peuple américain a aussi clairement dit qu'il n'y avait pas de mandat pour une augmentation des impôts", a-t-il insisté.

LES CHIFFRES DU CHÔMAGE

Avec 7,9% de demandeurs d'emplois en octobre, le chômage reste élevé, et même en légère hausse de 0,1% le mois dernier. 23 millions d'Américains sont ainsi sans emploi, à temps partiel subi ou dans un poste qui ne leur convient pas.

Dans sa campagne pour sa réélection, Barack Obama a ainsi annoncé vouloir renforcer les emplois industriels et poursuivre les efforts en faveur du rétablissement économique. En octobre, 171 000 emplois ont ainsi été créé aux Etats-Unis.

ASSURANCE MALADIE

La réforme du système de santé, l"obamacare" de son petit nom, doit entrer en vigueur en 2014. La quasi-totalité des Américains devraient ainsi bénéficier d'une couverture santé. Mais la réforme est dans le collimateur des républicains qui tenteront de profiter de leur majorité au Congrès pour faire échouer le projet.

SUR LA SCENE ETRANGERE

En toute logique pour une élection à la tête de la première puissance mondiale, la confirmation de Barack Obama à la Maison blanche a été suivie par l'ensemble de la communauté internationale. Mexique, Union européenne, Chine ont ainsi été parmi les premiers à saluer la victoire du candidat démocrate, certains via twitter dès l'annonce des résultats.

Certains, comme le président afghan, en ont profité pour souhaiter un reforcement de leurs "relations basées sur les intérêts des deux pays". Barack Obama a ainsi annoncé vouloir retirer l'ensemble des troupes américaines d'Afghanistan d'ici 2014, et donc transférer la responsabilité de la sécurité aux Afghans. 68 000 soldats américains sont toujours sur le sol afghan.

Dans la même idée, l'opposition syrienne par la voix de Radwane Ziadeh, directeur des relations internationales au CNS, a dit espérer que "le président Obama placera la Syrie parmi les priorités de sa politique étrangère, afin de pouvoir mettre un terme à la crise et réaliser les aspirations du peuple syrien à choisir son gouvernement et son président, tout comme le peuple américain l'a fait"

Pas de réaction en revanche - est-ce une surprise? - venue d'Iran. Mais la question du nucléaire iranien n'en deumeure pas moins une des préoccupations de Barack Obama avec l'ensemble de la communauté internationale.

Reste enfin Guantanamo, dont la fermeture était une promesse de campagne de 2008. Les organisations de défense des droits de l'Homme entendent bien voir Barack Obama la rendre effective, et fermer cette prison américaine à Cuba.

Les réactions des dirigeants des grandes puissances mondiales :

Les réactions en France

En France, la classe politique a également réagi à l’élection de Barack Obama. « Un dialogue renouvelé pour relever ensemble les défis stratégiques, économiques et environnementaux auxquels le monde est confronté », selon Claude Bartolone, président de l’Assemblée Nationale ; des félicitations proches de celles formulées par François Hollande dans un communiqué de l’Elysée. Le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, a souhaité « bonne chance » au président américain.

Laurent Fabius, ce matin à la sortie du Conseil des ministres :

__ Dans l’opposition, le secrétaire général de l’UMP Jean-François Copé a adressé lui aussi ses félicitations à Barack Obama ; une réélection « qui témoigne de la confiance qu’il a su inspirer à son peuple en dépit de la crise ». Plus nuancé, Alain Juppé, interviewé ce matin sur BFMTV, estime qu’Obama « n’a pas atteint, en matière de politique étrangère, des résultats fabuleux ». « C’est quand même extraordinaire de faire un aussi bon score que Romney, d’une certaine manière, en promettant de baisser les impôts sur les riches et de supprimer l’assurance maladie pour les pauvres. Ce qui prouve que la vie américaine est assez différente de la nôtre », a ajouté l’ancien Premier ministre. Marine Le Pen, présidente du Front National, a elle aussi envoyé ses félicitations à Barack Obama. Elle dit espérer que le second mandat sera « l’occasion d’approfondir les relations entre nos deux pays dans la compréhension mutuelle de nos intérêts nationaux respectifs ».
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