barack obama confirme l'utilisation d'armes chimiques en syrie
barack obama confirme l'utilisation d'armes chimiques en syrie © reuters

Barack Obama s'est engagé mardi à oeuvrer à nouveau en faveur de la fermeture du camp de détention de Guantanamo, une promesse jamais appliquée de sa campagne électorale victorieuse de 2008, mais les premières réactions au Congrès donnent idée de la tâche qui attend le président américain.

La prison de Guantanamo "doit être fermée", a déclaré le Barack Obama lors d'une conférence de presse à la Maison blanche, en précisant que son administration allait reprendre contact avec le Congrès afin d'examiner les obstacles à cette fermeture.

Ecoutez le reportage de Fabienne Sintes

Le centre de détention a été installé par son prédécesseur George W. Bush sur la base navale américaine du même nom, à la pointe orientale de Cuba, après les attentats du 11 septembre 2001. Il attire à nouveau l'attention en raison d'une grève de la faim déclenchée en février et suivie désormais par la moitié de ses 166 détenus, selon un décompte effectué la semaine dernière par l'armée américaine.

Cela n'est pas tenable. Je veux dire, continuer à garder plus de 100 individus dans un no man's land à perpétuité. Guantanamo n'est pas nécessaire à la sécurité de l'Amérique. Cela coûte cher, c'est inefficace. Cela nuit à notre image internationale. Cela diminue la coopération que nous avons avec nos alliés dans la lutte antiterroriste.

Il a défendu la décision des autorités militaires d'alimenter de force les grévistes de la faim. "Je ne veux pas que ces gens meurent", a-t-il dit.

Ecoutez l'intervention de Barack Obama

"Aucune solution alternative"

Le chef de la Maison blanche a une nouvelle rejeté sur le Congrès la responsabilité du statu quo actuel. "Il est facile, sur cette question, de pratiquer la démagogie", a-t-il dit à l'adresse des parlementaires hostiles à la fermeture du camp.

Le sénateur démocrate Patrick Leahy, président du comité judiciaire du Sénat américain, a applaudi l'initiative de Barack Obama.

Barack Obama a jugé:

La détérioration de la situation à Guantanamo, dont les grèves de la faim des prisonniers est dérangeante et inacceptable.

Mais Barack Obama aura plus de mal à convaincre les opposants à son projet. "Le président fait face à une opposition bipartisane à la fermeture du centre de détention de Guantanamo Bay parce qu'il n'a proposé aucune solution alternative pour les détenus, ni de plan pour les futurs terroristes captifs", a déclaré Howard McKeon, président républicain du comité des forces armées de la Chambre des représentants.

Barak Obama
Barak Obama © / CV

La Maison blanche a autorisé le procès des suspects les plus dangereux devant des tribunaux militaires, mais seuls neuf des prisonniers actuels ont été jugés et condamnés. Parmi les autres détenus, 86 ont reçu le feu vert pour être libérés ou transférés, 47 sont considérés comme trop dangereux pour être élargis mais ne font l'objet d'aucune poursuite judiciaire, 24 attendent leur éventuel procès.

Les parlementaires américains, en majorité des républicains mais aussi certains démocrates, se sont opposés au transfert des prisonniers de Guantanamo dans des prisons situées sur le sol américain en affirmant qu'ils constitueraient une menace pour la sécurité nationale. Ils ont aussi objecté au rapatriement d'autres détenus vers leurs pays d'origine.

Armes chimiques en Syrie

Barack Obama qui a également mis en garde mardi contre tout jugement hâtif concernant l'utilisation par le régime syrien d'armes chimiques contre sa propre population, affichant une approche prudente sur ce dossier qui pourrait conduire les Etats-Unis à intervenir militairement.

Ecoutez les précisions de Fabienne Sintes

En août dernier, le président américain avait prévenu sonhomologue syrien Bachar al Assad que l'usage d'armes chimiques représentait une "ligne rouge" pour Washington. Le président américain a confirmé mardi l'usage d'armes chimiques en Syrie "mais nous ne savons pas comment elles ont été utilisées, quand elles ont été utilisées, qui les a utilisées" et "nous n'avons pas d'éléments de traçabilité établissant ce qui s'est exactement produit".

Barack Obama a déclaré que le département de la Défense avait déjà préparé des "options" qui pourraient être mises à disposition, mais qu'il a refusé de préciser, en réponse à ce qui serait clairement une "escalade" et "une menace pour la sécurité de la communauté internationale, de nos alliés et des Etats-Unis".

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.