Reporter - une enquête de Benoît Collombat

Richard Mugenzi : "l’objectif, c’était de chauffer les têtes !"

Nous avons joint longuement Richard Mugenzi par téléphone, au Rwanda, le 27 août 2009.

Il nous a expliqué quelle était sa mission en tant qu’opérateur radio au sein de l’armée rwandaise.

Richard Mugenzi

Ce message attribué au FPR devait servir de « couverture », de « bouclier », aux extrémistes hutus afin de « chauffer les têtes » de la population, explique Richard Mugenzi.

Richard Mugenzi

Dans son ordonnance de novembre 2006, dans laquelle il lance 9 mandats d’arrêts internationaux contre des proches du président Kagamé, le juge Bruguière écrit que « Richard Mugenzi, opérateur radio pour le compte des FAR, qui avait été recruté pour cette mission en raison de ses compétences dans le domaine des radios-transmission et de ses aptitudes linguistiques, parlant outre le français et l’anglais, les dialectes ou langues locales tels que le Kinyarwanda, le Swahili et l’Igika, confirmait lors de son audition du 5 juin avoir retranscrit le message du 7 avril [se félicitant de l’attentat], message en langue Swahili, selon lui non codé, qu’il avait personnellement intercepté, annonçant la réussite de "l’escadron" renforcé »

Une présentation démentie par Richard Mugenzi qui affirme, de son côté, avoir simplement répondu aux questions des enquêteurs du juge Bruguière venus l’entendre à Arusha en 2001.

Selon Richard Mugenzi, les enquêteurs se seraient contentés de savoir s’il avait bien reçu ces télégrammes, sans faire la distinction entre messages « reçus » et « interceptés. » Il se dit aujourd’hui prêt à témoigner à nouveau devant le juge Marc Trevidic et Philippe Coirre, désormais en charge du dossier.

Richard Mugenzi

Après les accords d’Arusha prévoyant un partage du pouvoir avec les rebelles tutsis, le président Habyarimana était devenu une cible pour les extrémistes hutus, coupable à leurs yeux de « haute trahison », témoigne Richard Mugenzi.

Richard Mugenzi

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