Il va être difficile de se passer d'Olivier Adam pour les prochaines rentrées littéraires. L'écrivain ténébreux publie Les Lisières chez Flammarion, un grand roman de 464 pages, portrait de la France. Le narrateur est un double d'Olivier Adam.

Olivier Adam
Olivier Adam © Flammarion

Quadragénaire, écrivain et scénariste à succès, il vit bien de sa plume. Ce roman pourrait être un auto-portrait de l'écrivain de gauche, issu d'une famille ouvrière, grandi en banlieue parisienne à la belle époque des classes moyennes. Ce Paul Steiner, revient à l'occasion de l'hospitalisation de sa mère, dans la région parisienne et redécouvre les personnages de son enfance. Que sont-ils devenus, tous ? C'est un kaleidoscope qui défile au gré des pages, formant un portrait de la France. Une France boiteuse et aigrie, qui renoncerait à la poésie du monde, engluée dans les méandres de la crise, du mal-logement, du chomage, de la vie chère. La France de Paul Steiner-Olivier Adam est un monde qui se fissure. Dans les brêches s'engouffrent les moisissures de la jalousie et du repli sur soi. Les idées politiques extrêmes de La Blonde hantent Paul Steiner comme le goût rance d'une huile qui vieillit mal.

Ce roman écrit en observant la pré-campagne de l'élection présidentielle fait allusion au personnel politique que sont Claude Guéant, Martine Aubry ou Marine Le Pen. Seule la représentante du Front National ne porte pas son nom dans le livre, Olivier Adam l'appelle La Blonde.

Pourquoi La Blonde?

Evidemment, Paul Steiner l'écrivain à succès sait bien bien qu'il est plus facile de d'inventer la vie et le monde avec des revenus confortables. Mais contre le désamour, la séparation, la nostalgie des lieux, l'inquiétude face au mystère de la vie et des familles, les portefeuilles épais ne peuvent rien. Raison pour laquelle ce non-héros souhaite rester à la marge, observateur des failles intimes. Tant qu'à ne rien comprendre au monde, autant s'installer dans un pays étranger. Pour lui, c'est le Japon.

Dans ce roman, Olivier Adam élargit considèrablement son champ d'observation. Bien sûr ça commence par une séparation, bien sûr les enfants de son narrateur vont lui manquer terriblement, mais là n'est plus tellement la question. L'absence et le mystère de la disparition, thèmes si chers à l'auteur, sont ici le lit d'une fresque sociale nostalgique.

Olivier Adam porte un regard sans complaisance sur le rôle de l'écrivain, de l'intellectuel et de l'artiste dans la société...

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