Du refus total au satisfecit, les réactions aux ordonnances présentées par le Premier ministre Edouard Philippe.

Edouard Philippe a présenté les ordonnances réformant le droit du travail
Edouard Philippe a présenté les ordonnances réformant le droit du travail © AFP / Alain Jocard

Les réactions de tous bords à l'annonce des ordonnances ne se sont pas faites attendre dans les sphères politiques, économiques ou syndicales.

Les syndicats divisés

Pour Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force Ouvrière, le travail syndical effectué cet été a payé :

Il reste des points fondamentaux de désaccord mais nous avons fait notre travail syndical

Jean-Claude Mailly a qualifié de "grognons râleurs" les militants de son syndicat qui veulent manifester aux côtés de la CGT le 12 septembre contre la réforme du code du travail, passant outre la consigne nationale. La Fédération nationale des transports et de la logistique FO a notamment appelé ses militants à manifester aux côtés de la CGT, alors que FO avait décidé unanimement de ne pas s'associer à cette journée d'action.

"Je ne suis pas un PDG, je suis un secrétaire général qui a un mandat. C'est toujours arrivé dans l'histoire de FO, il y a des grognards fidèles et des grognons râleurs; bon ben, il y en a qui font partie toujours des grognons râleurs, c'est leur droit d'exister", a déclaré le leader syndical.

Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a déclaré que "toutes les craintes" de son syndicat au sujet des ordonnances sur le code du travail étaient "confirmées" après leur présentation ce jeudi matin aux partenaires sociaux.

"Toutes les craintes que nous avions sont confirmées et la crainte supplémentaire c'est évident et c'est écrit : c'est la fin du contrat de travail", a-t-il estimé, appelant "les travailleurs, les retraités et les jeunes à aller dans la rue le 12 septembre", date où la CGT appelle à une journée de mobilisation.

Pour la CFDT, il y a là une occasion manquée. Le gouvernement passe à côté des enjeux du travail et complexifie les relations sociales. Laurent Berger dit sa "déception" et son "inquiétude" quant à certaines mesures. La secrétaire générale adjointe du syndicat, elle, fustige un prétendu dialogue social.

Les représentants des entreprises satisfaits

Le Président du Medef Pierre Gattaz s'estime satisfait mais il s'agit là d'une première étape dans la construction d'un nouveau droit du travail en phase avec la réalité des entreprises. "Nous déplorons en revanche l’augmentation des indemnités légales. Décision surprise, sans discussion préalable , a-t-il précisé dans une série de tweets.

Le président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) François Asselin a salué les ordonnances sur le code du travail présentées par le gouvernement, jugeant la réforme élaborée par l'exécutif "particulièrement pragmatique".

Sur le champ social, beaucoup de nos propositions ont été retenues

"Bien souvent, nous avons été douchés dans ce genre d'exercice, avec parfois un pas en avant et deux pas en arrière. Mais aujourd'hui, nous avons des ordonnances particulièrement pragmatiques, qui collent à la réalité du terrain", a-t-il souligné.

L'Union des entreprises de proximité (U2P), qui rassemble artisans, commerçants et professions libérales, s'est dite "pleinement satisfaite" par les ordonnances sur le code du travail, perçues comme un "message très fort" en faveur des chefs d'entreprise. pour Alain Griset, président du mouvement patronal

Aujourd'hui, je dois vous dire notre satisfaction d'avoir été entendus sur la quasi-totalité des points que nous avions soulevés

Réactions politiques

Pour Alexis Corbière, de la France Insoumise, cela "ne donnera rien de bon". "Les Français sont-ils heureux, pour ceux qui sont en CDD, à l’idée que leur situation sera maintenue dans cette forme de précarité ? Je ne crois pas que les Français veulent le plafonnement des indemnités chômage pour licenciement abusif. Ce n’est pas un dialogue social auquel nous avons eu droit mais un monologue antisocial"

Faciliter le licenciement : c’est donc ça la formule magique pour créer de l’emploi ? Ridicule et injuste, a dit la patronne du Front National, Marine Le Pen.

Le parti socialiste dans un communiqué estime que "les ordonnances reposent sur un déséquilibre dans la relation entre les employeurs et les salariés que le Parti socialiste ne peut soutenir.

Les ordonnances permettront surtout de licencier plus facilement tout en protégeant moins efficacement

Thierry Solère, député (Hauts-de-Seine) du groupe Les Constructifs-LR-UDI, s'est dit frappé par l'approche constructive des syndicats, heureux de voir que fin septembre le droit du travail aura été transformé.

Le Groupe MoDem à l'Assemblée nationale : "Ces ordonnances permettront des avancées fortes et significatives. Grâce à cette méthode de concertation, le gouvernement est parvenu à un texte très équilibré, prenant en compte les attentes des entreprises comme celles des salariés".

Olivier Dartigolles, porte-parole du Parti communiste français :"on retient quelque chose de très négatif, de très noir. C'est un texte et de droite et du Medef. Une vieille demande du patronat est aujourd'hui satisfaite (...) Cest la redéfinition des périmètres pour les licenciements économiques, puisque maintenant, une multinationale qui fait des bénéfices juteux à l'échelle du monde pourrait organiser l'asphyxie financière d'une unité, d'une filiale, en France avec des licenciements".

Pour François Patriat, président du groupe LREM au Sénat : "le gouvernement d'Edouard Philippe réalise ce qu'aucun gouvernement n'avait eu l'audace de faire depuis 15 ans : mettre sur les rails une réforme de cette ampleur, capable de relancer l'emploi, protéger les salariés et accompagner les entreprises. C'est le véritable choc dont la France a besoin pour gagner en attractivité et en compétitivité".

►►►LIRE | Que contiennent les ordonnances ?

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