Quarante-quatre ans après sa mise en service effective, en février 1972, 69 appareils ont été perdus. Rapporté au nombre d'avions produits, c'est le pire aéronef de sa catégorie.

Le T154, qui a connu 7 versions, a déjà tué 2833 personnes.
Le T154, qui a connu 7 versions, a déjà tué 2833 personnes. © AFP / Alexander NEMENOV

Lorsque le Tu154 s’envole pour son premier vol d’essai le 4 octobre 1968, Tupolev prédit à ce triréacteur civil un bel avenir : au moins vingt ans de service, 20000 vols, 40000 heures de vol… Quarante-quatre ans après sa mise en service effective, le 7 février 1972, l’appareil, qui a connu sept versions avant que ne cesse sa production, il y a trois ans, subit un nouveau coup dur avec la perte du vol Sotchi-Lattaquié. Le dernier épisode d’une longue série de tragédies.

Le 154B-2 qui s’est abîmé en mer Noire peu après son décollage volait depuis 1983. Il s’agissait d’une version modernisée de l’original, propriété des forces aériennes russes, un temps loué à Aeroflot et à Korsar.

Non, les faits de guerre ne plombent pas le bilan

Le Tu154 a au total connu 69 accidents – sous les couleurs d’Aeroflot, de la Tarom, de Cubana, de Malev… –, entraînant une perte définitive de l’appareil (destruction ou incapacité à réparer). Pour le seul modèle 154B-2, vingt appareils ont été perdus. Trois destructions sont imputables à des faits de guerre ou à un attentat, toutefois, précise Aviation Safety Network.

Certes, le bilan paraît (bien) moins impressionnant que celui du B737, mis en service en 1967. Avec 195 accidents définitifs, le best-seller de Boeing pourrait ressembler à un cercueil volant. Seulement voilà, à peine un millier de Tu154 ont été produits, contre plus de 8500 B737. Proportionnellement, le modèle russe est trois à quatre fois plus accidentogène que le moyen-courrier de Boeing.

Peu de passagers survivent

Évidemment, le nombre de victimes est à l’avenant : toutes versions confondues, ce sont 2833 passagers ou membres d’équipage qui ont perdu la vie dans le Tu154, dont 245 pour des raisons criminelles (5 avions abattus, 30 détournements). Le seul 154B-2, lui, cumule 731 morts, dont 154 dont les causes sont criminelles.

Visiblement, les chances de survie en Tu154 (30%) sont inférieures au potentiel de réchapper à un crash en B737 (34%). Mais qu’on se rassure : l’avion, qui aurait dû être retiré du service en 1990 ([l'armée russe a d'ailleurs déjà demandé sa mise à la retraite](http://L'armée russe a d'ailleurs déjà demandé la mise à la retraite de la version militaire de l'appareil.)), n’est plus très présent dans les airs : un peu plus de 90 modèles volaient encore au début des années 2010.

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