L’ouragan José devrait frapper l’île dans la journée (ce samedi). En attendant, les secours s’organisent difficilement.

L'île de Saint-Barthélémy a été dévastée par l'ouragan Irma
L'île de Saint-Barthélémy a été dévastée par l'ouragan Irma © AFP / Kevin Barrallon

Le petit aéroport de Grand Case, dans la partie française de Saint-Martin. Hier, plusieurs avions ont pu se poser sur l’unique piste d’atterrissage pour évacuer les habitants les plus fragiles. Environ 95 % des habitations de l'île de Saint-Martin sont détruites. Les dégâts semblent aussi considérables à Saint-Barthélemy et compliquent l'acheminement de vivres.

Le reportage de Yann Gallic :

L'arrivée des premiers secours est extrêmement compliquée à Saint-Martin. L'aéroport du côté néerlandais de l'île est entièrement détruit. Les rafales de vents à plus de 300 km/h ont ravagé le toit du bâtiment principal. Des morceaux de tôles enchevêtrés bloquent les pistes. Elles sont impraticables. Aucun avion ne peut donc y atterrir ou en partir.

Les secours vont donc devoir passer uniquement par l'aéroport français, situé au nord de Saint-Martin. Une partie de la piste est libérée. Un avion militaire français de reconnaissance s'y est posée ce jeudi, a confirmé le Premier ministre Edouard Philippe. C'est par cette voie que les premiers secours vont être acheminés.

À Saint-Barthélemy, les informations sur les dégâts sont encore très floues. L'île était coupée du monde jeudi matin après le passage de l'ouragan. Mais l'aéroport est réputé très dangereux, difficile d'accès car la piste est tout près d'une montagne qu'il faut survoler. De plus, la piste est très courte : seuls de petits avions sans chargement conséquent peuvent y atterrir.

Une caserne complètement inondée

La situation est d'autant plus préoccupante qu'une caserne de pompiers de Saint-Martin et Saint-Barthélemy a été entièrement dévastée par l'ouragan. Le docteur Patrick Hertgen, médecin urgentiste et vice-président de la Fédération Nationale des Sapeurs-Pompiers de France, a expliqué jeudi sur franceinfo que les pompiers sur place ont "énormément de difficultés pour intervenir. Les pompiers de Saint-Martin et Saint-Barthélemy ont une caserne complètement inopérante, détruite, inondée. Ils ne sont pas blessés mais ont énormément de difficultés pour intervenir. Ils n'ont pas de véhicules utilisables. Ils intervenaient, ils travaillent, ils ne restent pas les bras croisés mais avec d'énormes difficultés".

De très nombreuses routes sont impraticables, comme ici sur l'île de Saint-Barthélémy
De très nombreuses routes sont impraticables, comme ici sur l'île de Saint-Barthélémy © AFP / CréditKEVIN BARRALLON / FACEBOOK

Les routes sont bloquées par des arbres tombés sur les voies, parfois encore complètement inondées. Certaines portions se sont même effondrées.

Nous allons devoir faire des missions de reconnaissance. Les sapeurs-pompiers vont accéder aux routes, tronçonner les arbres pour arriver jusqu'aux populations", Patrick Hertgen, vice-président de la Fédération Nationale des Sapeurs-Pompiers de France

Les pompiers amènent avec eux du matériel. Des tronçonneuses, des pompes transportables, des bâches et du matériel d'urgence aux personnes.

Eau et nourriture : les deux besoins de première nécessité

La priorité pour les populations sinistrées est de se mettre à l'abri. Or, la partie française de Saint-Martin "est détruite à 95 %" selon les autorités. Très peu de bâtiments ont véritablement résisté aux vents extrêmement violents. Même le toit de la préfecture a été arraché. "Les pompiers et les sauveteurs vont apporter les premiers soins et commencer à travailleurs sur les infrastructures et les toits", explique Patrick Hertgen, vice-président de la Fédération Nationale des Sapeurs-Pompiers de France.

Du côté des associations caritatives, les chargements sont remplis d'eau potable et de nourriture, dont sont privés les habitants sur place dans les Antilles. Depuis une semaine, la Croix-Rouge surveillait l'évolution des prévisions de l'ouragan Irma et avait fait des provisions. Une centaine de bénévoles étaient mobilisés à la plateforme de Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, à 250 kms de Saint-Barthélemy et Saint-Martin. Une quarantaine de personnes sont parties en renfort de France métropolitaine.

"Cela nous permet de pré-positionner du matériel, des vivres pour permettre le secours le plus rapidement possible" (Jean-Christophe Combe, directeur général de la Croix-Rouge française)

3 bateaux, chargés de secouristes et de vivre ont quitté Pointe a Pitre jeudi soir, mais la traversée sera longue, une douzaine d'heures. Dans l'autre sens, les premiers rescapés, une vingtaine, ont pu être évacués de St Martin vers la Guadeloupe. Parmi eux, une femme, qui a dû accoucher en plein ouragan.

Un appel aux dons lancé

Les dégâts provoqués par l'ouragan Irma sont considérables. Mais leur ampleur n'est pas encore entièrement connue. Certaines zones sont totalement coupées du monde.

D'après la Croix-Rouge, au total, ce sont déjà 1,2 millions de personnes qui ont été affectée par l'ouragan, mais le chiffre est sans doute sous-estimé. Les associations caritatives se préparent donc au pire et lancent un appel à la générosité. La fondation de France, soutenue par Radio de France, sollicite ses donateurs, comme le Secours Populaire, qui a déjà débloqué une aide immédiate de 100 000 euros.

La Croix-Rouge lance également un appel aux dons sur son site Internet.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.