L'arrivée d'Irma dans les Antilles françaises a-t-elle était bien gérée ? Un début de polémique est née à Paris et sur place à Saint-Martin.

Les gendarmes à pied d'oeuvre  à Saint-Martin
Les gendarmes à pied d'oeuvre à Saint-Martin © Gendarmerie Nationale

Le chef de file de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a prôné dimanche une commission d'enquête parlementaire sur la gestion de l'Etat en amont du passage d'Irma à Saint-Martin et Saint-Barthélémy, mais aussi "plus de solidarité" internationale dans les zones confrontées aux ouragans.

"L'État devrait à mon sens faire davantage, mieux et autrement" après le passage de l'ouragan Irma, a considéré dimanche l'ex-ministre des Outre-mer Victorin Lurel (PS); "on aurait pu évacuer avant" les îles de Saint-Martin et Saint-Barthélémy", a-t-il dit alors qu'il était l' invité d'Eric Delvaux sur France Inter.

REECOUTEZ VICTORIN LUREL

"Il faut plus de forces de sécurité, plus de moyens projetables dans les deux îles", a dit l'ancien président de la région Guadeloupe, en prenant modèle sur "ce qui a été fait dans la partie néerlandaise de l'île, avec des soldats, l'armée qui est dans tous les quartiers et qui contrôle". "Ça n'est pas le cas dans la partie française", a-t-il regretté, en appelant à l'intervention de l'armée sur les deux îles antillaises.Selon lui si l'État avait désormais "pris conscience des choses", il devait s'astreindre à "une meilleure communication".

Il a par ailleurs rappelé qu'un cyclone est prévisible, à la différence des tremblements de terre et que, dès lors, "d'aucuns pensent ici qu'on aurait pu évacuer, notamment les malades, avant le cyclone".

Annick Girardin, ministre des Outre-mer, arrivée à Saint-Martin, a répondu qu'elle ne laisserait personne dire que les services d'Etat n'auraient pas été à la hauteur. (au micro de Thibault Lefèvre).

Le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, a déclaré de son côté qu'il comprenait "parfaitement la colère" à Saint-Martin et Saint-Barthélemy après Irma, mais insisté sur les moyens déployés par l'Etat et la "première priorité" donnée aux secours et pas aux pillages.

Il a précisé que des services de soins, de santé avaient été mobilisés en avance et positionné en Guadeloupe, "parce qu'il aurait été inopportun de les localiser sur le site à risque".

"Plus de 1.000 personnes sont immédiatement intervenues sur site", a souligné le porte-parole, vantant aussi "un service de sécurité civile en France d'un niveau exceptionnel".

Mais "je comprends parfaitement la colère de ceux qui ont ce sentiment d'abandon immédiat. Il y a un effet de sidération, un effet extrêmement dur psychologiquement. Vous imaginez quand vous vivez sur place et que votre maison est emportée", a assuré Christophe Castaner.

Dans une telle situation, "la première priorité n'est pas de se mobiliser contre les pillages mais de trouver des femmes et hommes qui ont besoin d'être sauvés", a -t-il expliqué. "Il y avait 247 personnes en situation médicale grave, elles ont été immédiatement transportées et mises en sécurité sanitaire".

Il a plaidé que "c'est une île" et que "ce n'est pas possible d'évacuer 80.000 personnes en 48 heures, on a mobilisé des forces sur l'île la plus proche, la Guadeloupe, mais il faut le temps d'intervenir".

Pour autant, "je ne nie pas ce sentiment d'insécurité, il est réel (...) Il y avait 11 pharmacies, 8 ont été détruites, 3 pillées par des gens qui, face à la panique, ont fait ce qu'ils n'auraient jamais fait à aucun autre moment, mais pas seulement" ce type de personnes, selon le porte-parole.

"Des soins, des équipements d'intervention en Guadeloupe sont déjà sur place", et, maintenant les ouragans passés, "dès aujourd'hui des militaires supplémentaires vont arriver", a-t-il poursuivi.

Radio France crée une radio d'urgence

"Nous avons un million de litres d'eau. Le problème n'est pas de l'avoir, mais de la distribuer", a souligné pour sa part Gérard Collomb le ministre de l'Intérieur.

"La sécurité" est la "deuxième consigne", a poursuivi le ministre, évoquant "un certain nombre de pillages". Il y a eu 11 interpellations jusqu'alors, selon la place Beauvau. Une interdiction de circulation s'apparentant à un couvre-feu est en vigueur à Saint-Martin entre 19H00 et 07H00 jusqu'à mercredi.

Gérard Collomb a par ailleurs indiqué qu'une radio d'urgence, "pour informer la population", émettra dans la journée, ce qu'a confirmé Radio France. Cette antenne d'urgence, disponible sur internet et sur les ondes, diffusera des informations sur la météo, la sécurité, la distribution des rations alimentaires et de l'eau, l'état des réseaux, le rétablissement des liaisons commerciales et les messages sanitaires. Elle reprendra les reportages des envoyés spéciaux de Radio France dans les îles.

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