Offshore leaks 2
Offshore leaks 2 © Radio France

Le trésorier de la campagne présidentielle de François Hollande, Jean-Jacques Augier, a ouvert en 2005 et 2009 deux sociétés dans un paradis fiscal, les Iles Caïmans, relatives à ses affaires en Chine, a rapporté le journal Le Monde.

Cette information intervient alors que la classe politique française est ébranlée par le mensonge de l'ancien ministre du Budget Jérôme Cahuzac, qui a reconnu avoir possédé un compte à l'étranger après l'avoir farouchement nié.

En déplacement au Maroc, le chef de l'Etat a déclaré ne pas avoir été au courant des investissements de Jean-Jacques Augier et a souligné le fait que les comptes de sa campagne électorale avaient été validés par le Conseil constitutionnel.

Je ne connais rien de ces activités et si elles ne sont pas conformes la loi fiscale, je demande à l'administration de s'en emparer et de faire les rectifications si elles sont nécessaires.

François Hollande

Dans un entretien à France Info, Jean-Jacques Augier a dit son étonnement, rappelant avoir agi pour son compte et en toute légalité :

Le président de la République n'a rien à voir avec mes affaires. La mission que j'ai accomplie dans le cadre de la campagne présidentielle n'a rien à voir avec mes affaires. Les deux choses sont complètement distinctes. Ajoutez à cela que ce que j'ai fait est parfaitement légal, je crois que vous pourrez comprendre mon grand étonnement. Honnêtement depuis ce matin je ne comprends pas ce débat que je vois prospérer.

A l'UMP, l'ancienne ministre du Budget Valérie Pécresse a estimé que cette révélation illustrait le "double discours" de François Hollande. "On a un candidat Hollande qui se présente au suffrage universel en disant qu'il n'aime pas la finance, qu'il n'aime pas l'argent, qu'il va lutter contre les paradis fiscaux et il choisit un trésorier de campagne qui lui-même fait des affaires dans des paradis fiscaux".

Augier prêt à présenter des comptes

Offshoreleaks
Offshoreleaks © Radio France

Un réseau de 36 médias autour du globe, dont Le Monde, publient jeudi les résultats d'une longue investigation sur les paradis fiscaux. Ils ont eu accès, grâce au consortium indépendant de journalisme d'investigation ICIJ, basé à Washington, à une fuite majeure en provenance de deux sociétés offrant des services "offshore" : l'une basée à Singapour, l'autre dans les Iles Vierges britanniques.

Le nom de Jean-Jacques Augier apparaît dans cet épais dossier parmi une centaine de contribuables français, rapporte Le Monde.

Il aurait ainsi co-fondé en 2005 le groupe International Bookstores Limited dans ce paradis fiscal sous souveraineté britannique. La société exercerait des activités de distribution en Chine, ajoute le quotidien.

L'ex-trésorier de campagne a affirmé au Monde n'avoir "ni compte bancaire personnel ouvert aux Caïmans ni investissement personnel direct dans ce territoire".

J'ai une société d'investissement qui a fait plusieurs opérations en Chine. Dans le cadre de deux d'entre elles, j'ai des partenaires qui ont souhaité que l'investissement transite par une société aux Caïmans, ce n'était pas mon choix.

Les activités financières aux îles Caïmans, Dominique André

Qui possède des comptes aux Caïmans ? Sebastien Laugénie

Polytechnicien et ancien inspecteur des finances, Jean-Jacques Augier, 59 ans, est un énarque de la promotion Voltaire, comme François Hollande, Ségolène Royal et Michel Sapin. Il vient de racheter à l'homme d'affaires Pierre Berger, soutien du PS, le magazine homosexuel Têtu. Il s'est dit "tout à fait prêt" à présenter ses comptes aux autorités publiques qui en feraient la demande. ### Hollande et le gouvernement encaissent Face aux affaires "Offshoreleaks" et C"ahuzac", François Hollande a écarté hier l'hypothèse d'un remaniement gouvernemental. Le chef de l'Etat a défendu ses décisions, jugées insuffisantes parl'opposition, en faveur de la moralisation de la vie publique et assuré qu'il irait "jusqu'au bout" du processus. _Le gouvernement tangue par Cyril Graziani_
A l'issue d'une visite d'Etat au Maroc éclipsée par les retombées politiques de "l'affaire Cahuzac", François Hollande s'est vu contraint de répondre lors de la conférence de clôture à des questions sur l'avenir du gouvernement. Il a estimé que la faute individuelle d'un homme ne mettait pas en cause le travail collectif de l'exécutif. "Ce n'est pas le gouvernement qui est en cause, c'est un homme qui a failli", a-t-il plaidé.
Hollande encaisse
Hollande encaisse © Radio France
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