Qui sont donc ces journalistes cachés derrière l’acronyme ICIJ, du Consortium International des Journalistes d’Investigation ? À quoi sert leur travail collaboratif ?

Chasseurs de scoop ou redresseurs de torts, à quoi sert l’ICIJ ?
Chasseurs de scoop ou redresseurs de torts, à quoi sert l’ICIJ ? © AFP / Jim Watson

Panama Papers... ça vous dit quelque chose ? Lux Leaks… ça vous rappelle des souvenirs ? Ces désormais célèbres enquêtes journalistiques ont des caractéristiques communes :

  • fondées sur des fuites de données anonymes (les "leaks")
  • dépouillées par plus de 200 journalistes de toutes nationalités
  • concernent plus de 70 pays 
  • informations systématiquement mises en commun

Ce travail d’investigation et de recoupement est chaque fois conduit dans la discrétion durant de longs mois avant d’aboutir à la révélation de faits criminels transfrontaliers et/ou de phénomènes de corruption, amplement couverts par des personnalités de la classe dirigeante de nombreux et puissants pays.

Dans un monde globalisé, où les économies nationales sont interdépendantes, où les circuits financiers ne connaissent aucune frontière et dans lequel la délinquance et la criminalité ont depuis longtemps appris à emprunter les voies technologiques les plus avancées, le journalisme a lui aussi changé de dimension :

  • Parce que le temps nécessaire à des enquêtes approfondies représente un important budget pour les chaque média d’information, il est devenu collaboratif. 
  • Parce que conduire des investigations sur les agissements de groupes puissants aux intérêts financiers considérables est une activité dangereuse, il est mené en secret.
  • Parce qu’à l’ère des "fake news" aux effets amplifiés par les réseaux sociaux, il est enfin soucieux d’impact.

Si dans les dernières années, leurs objets d’enquêtes se sont particulièrement ancrés dans le monde financier, dans ces marges de l’économie capitaliste où prospère l’argent occulte, les journalistes du consortium s’attachent aussi à appliquer leur démarche d’investigation approfondie à tous les secteurs : 

Des sujets très divers, toujours très sensibles, où de gros profits sont réalisés sur le dos des plus faibles.

Fondé en 1997 par l’association américaine de presse à but non lucratif Center for Public Integrity, l’ICIJ s’est transformée depuis février 2017 – après le considérable succès des Panama Papers - en média autonome, également à but non lucratif, financé par diverses fondations philanthropiques, donations et dons privés. 

Fidèle à ses origines, le consortium affiche clairement son objectif : fournir un appui (juristes, spécialistes en informatiques, équipe de "fact-checking") aux journalistes tout autour du globe afin de lutter contre les menaces provenant des industries polluantes, des réseaux internationaux du crime, des États voyous, etc. Et ce, en éliminant l’esprit de rivalité entre les journalistes afin de promouvoir, à l’inverse, l’esprit de collaboration.

Cellule Investigation Radio France / ICIJ / Süddeutsche Zeitung

Ressources complémentaires :
Consortium international des journalistes d’investigation
Center for Public Integrity
Institute for Nonprofit News

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