Les Paradise Papers révèlent que les fonds placés par la reine d’Angleterre dans des paradis fiscaux contribuent, en bout de chaîne, à appauvrir les Britanniques les moins favorisés.

Paradise Papers : la reine d'Angleterre aussi
Paradise Papers : la reine d'Angleterre aussi © Getty / Chris Jackson

Parmi les millions de documents qui constituent les Paradise Papers, nos confrères britanniques ont eu la surprise de découvrir que la reine d’Angleterre a elle aussi investi dans les paradis fiscaux. L’enquête menée par le consortium international de journalistes ICIJ avec le Süddeutsche Zeitung, en partenariat avec Radio France, nous apprend ainsi qu'Elisabeth II possède une société qui gère ses biens, intitulée "Duché de Lancaster".
En 2005, cette société investit 7,5 millions de dollars dans un fond situé aux îles Caïmans.

Les documents concernant ce fonds révèlent qu’en juin 2008 ce fonds lui rapporte 360 000 dollars de revenus.

Cette situation pose deux problèmes :

  1. La Reine n’a pas mentionné ses investissements offshores dans le rapport d’activités qu’elle publie annuellement. Rien ne l’y oblige légalement, mais en termes de transparence, elle aurait pu faire mieux…
  2. Ce fond aux Caïmans a lui-même investi dans un fonds qui contrôle une société baptisée "Brighthouse". Or, "Brighthouse" est dans le collimateur de plusieurs députés et associations de consommateurs britanniques, parce qu’il vend de l’électroménager des appareils électroniques et de l’ameublement, en proposant à ses clients des crédits avec des taux d’intérêt de 99,9  % !

Autrement dit la Reine, censée protéger son peuple, a des parts dans une société qui abuse des britanniques les plus vulnérables. Ce qui fait plutôt mauvais genre. 

Le "Duché de Lancaster" s’est d’ailleurs empressé d’expliquer qu’il ignorait que le fonds dans lequel il avait investi avait un lien avec ce vendeur de crédits astronomiques.

Cellule Investigation Radio France / ICIJ / Süddeutsche Zeitung

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