Influences musicales

Adolescent, Dylan s’achète les disques d’Elvis Presley , de Little Richard, de Buddy Holly et de Bo Diddley . Il adore leurs sonorités et leur énergie rock’n’rolliennes et rêve de jouer le même genre de musique. Il aime également le chanteur de country Hank Williams , très apprécié dans le Midwest et dans le Sud des États-Unis. Après le lycée, Dylan part pour Minneapolis où il s’inscrit à l’université du Minnesota. Il découvre alors les chansons folk d’Odetta et du Kingston Tri o dont le tube « Tom Dooley » fait fureur sur les campus.La musique folk ne tarde pas à devenir sa nouvelle passion.

Woody Guthrie

Le chanteur de folk américain Woody Guthrie a été l’influence majeure de Bob Dylan. Auteur de centaines de chansons parmi lesquelles « This Land Is Your Land », Guthrie relate en musique les effets dévastateurs de la Grande Dépression sur tous les démunis des États-Unis. Ses chansons sont peuplées de personnages auxquels il sait insuffler une authentique vie. Construites sur quelques accords, ces chansons sont cependant d’une simplicité trompeuse : leurs sujets et leurs paroles atteignent à cette profondeur émotionnelle que l’on ne trouve généralement que dans les poèmes épiques et les oeuvres de plus grande ampleur.Au début des années 50, Guthrie se trouve gravement handicapé par une maladie dégénérative. Le tout jeune Dylan quitte l’université du Minnesota et débarque à New York en 1961 pour y rencontrer son mentor. Sa chanson « Song to Woody » dit tout sur la sincérité de ses sentiments envers Guthrie.

New York

Dès son arrivée à New York, en janvier 1961, Dylan se précipite à Greenwich Village, royaume des clubs de folk et des cafés, des galeries d’art et des librairies. Dans la journée, il boit des expressos, lit de la poésie et écrit des chansons. Le soir, il se produit dans des clubs comme le Gaslight ou le Gerde’s Folk City . Les clients déposent une pièce dans le chapeau qui circule de mains en mains.Dylan s’imprègne peu à peu de New York où il fait la connaissance d’écrivains, de chanteurs et de poètes. Il chante partout où il le peut. Sa grande chance survient quand Robert Shelton, un journaliste du New York Times, rédige un compte-rendu enthousiaste d’une de ses prestations. Non seulement l’article attire l’attention des autres propriétaires de clubs de Greenwich Village, mais il vaut aussi à Dylan d’obtenir une audition puis un contrat d’enregistrement pour Columbia Records.

Folk Revival

La musique folk américaine des années 30 et 40 avait bien souvent une connotation politique. Les chansons protestataires d’un Woody Guthrie ou d’un Pete Seeger exprimaient la solidarité de leurs auteurs avec le prolétariat. Mais la Seconde Guerre Mondiale puis l’avènement de la Guerre Froide mettent fin à ce mouvement musical trop directement associé aux syndicats et à la doctrine socialiste, voire communiste.

Bob Dylan
Bob Dylan © Barry Feinstein

Après le succès, en 1958, de la chanson du Kingston Trio « Tom Dooley », Peter, Paul & Mary, le Chad Mitchell Trio et d’autres encore font pénétrer la musique folk dans les campus des universités et initient ce faisant un revival folk. Des festivals comme le Newport Folk Festival contribuent à renforcer cet intérêt pour le genre. Et puis, avec l’apparition de Bob Dylan et de Joan Baez — de jeunes artistes porteurs d’idées musicales nouvelles — l’influence du folk se fait subitement partout présente, que ce soit dans le mouvement des droits civiques ou dans le rock’n’roll.

Protest songs

Des générations durant, les folksingers américains ont fait de leurs chansons des instruments de changement. La musique folk, et, après elle, le rock ont bien souvent véhiculé des messages associés à une cause politique.Les années 60 sont aux États-Unis une époque particulièrement propice à la musique socialement et politiquement contestatrice. Le mouvement des droits civiques et la guerre du Vietnam font éclore un grand nombre de chansons protestataires . Le plus influent des auteurs de chansons engagées est Bob Dylan. Reprenant le flambeau abandonné par Guthrie, Dylan compose quelques-uns des chefs-d’œuvre protestataires de la décennie, au nombre desquels figurent « Blowin’ in the Wind », « The Times They Are A-Changing », « Masters of War » et « With God On Our Side » .

Folk rock

Le folk rock naît le soir même de la prestation de Dylan au Newport Folk Festival de l’été 1965 . Si ce nouveau genre propose une manière rock de chanter au son des guitares électriques, ses textes s’éloignent radicalement des habituels thèmes pop dépourvus de profondeur. Si Dylan est le fondateur du folk rock, il n’en revendique jamais la paternité et laisse ce soin à des groupes qui interprètent sa musique d’une façon nouvelle, ou font de son œuvre la base d’expérimentations musicales plus poussées.Aux États-Unis, les Byrds, Buffalo Springfield, les Lovin’ Spoonful, les Mamas and the Papas, Simon & Garfunkel et bien d’autres deviennent les prosélytes des couleurs sonores du folk rock. Grâce à Dylan, l’écriture de chansons rock est quasiment du jour au lendemain devenue adulte. Même les Beatles ont modifié leur style d’écriture. Et bien que Dylan n’ait été que partiellement responsable de la métamorphose musicale des Fab Four, son influence sur le groupe a été indéniable.

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