Like a rolling stones

La chanson de Bob Dylan « Like a Rolling Stone » est considérée comme le plus grandiose et révolutionnaire moment de rock de tous les temps . Publié sous forme de single (45 tours) peu avant la prestation historique de Dylan au Newport Folk Festival de 1965, « Like a Rolling Stone » va démoder à tout jamais l’ancien concept du single pop/rock formaté pour les passages radio.

La chanson dure près de six minutes et demie à une époque où la plupart des 45 tours pop ne dépassent pas les trois minutes. Cet immense classique est d’une facture musicale complexe avec des changements d’accords atypiques et une interprétation vocale peu conventionnelle.Les paroles de Dylan exsudent une absolue désespérance poétique — « Quand on n’a rien, on n’a rien à perdre » — qui n’est assurément pas commune dans l’univers pop du milieu des années 60. Elles n’en « parlent » pas moins à un grand nombre de jeunes qui se sentent étrangers à la culture grand public dominante.

1966

La succession d’albums historiques et de concerts fracassants prend temporairement fin en 1966 lorsque Bob Dylan se blesse dans un accident de moto survenu à Woodstock , dans l’État de New York.

Dylan prend prétexte de l’accident pour se retirer du monde , renouveler son énergie créatrice et altérer le cours de sa trajectoire musicale. Quand il fait sa réapparition début 1968 lors d’un concert organisé à New York en mémoire de Woody Guthrie, ses fans découvrent le « nouveau » Dylan. Son allure, sa manière de chanter et les ambiances country de la nouvelle musique que l’on peut entendre sur « John Wesley Harding » et « NashvilleSkyline », ses derniers albums des années 60, démontrent clairement que Dylan a tourné le dos à son passé. Ce ne sera pas la dernière fois. Près d’un demi-siècle après avoir modifié le cours de l’histoire de la musique,Dylan continue d’enregistrer des albums et de se produire sur scène.

Pochette de l’album « Highway 61 revisited », New York, 1965
Pochette de l’album « Highway 61 revisited », New York, 1965 © Daniel Kramer

Daniel Kramer, galerie photos

Danirel Krame r est un des photographes américains spécialisés dans la musique et les portraits parmi les plus renommés. Les photos de Bob Dylan prises en 1964 et 1965 ont fait connaître la jeune étoile montante au monde entier , mais également établi un archétype à l’aune duquel tous les autres portraits « rock » seraient par la suite jugés.

La France

La seconde partie de l’exposition, dans l’espace du bas, est consacrée à la découverte réciproque de Bob Dylan et de la France dans les années soixante.Pour Bob Dylan, la France, c’est d’abord le Notre Dame de Paris de Victor Hugo , lu alors qu’il était enfant… Notre-Dame, si proche de la rue Cujas où il séjourne en 1964 , installé là par Hugues Aufray…Notre-Dame dont l’ombre géante essaye de l’attraper par les pieds, dans un poème imprimé au dos de Another Side Of Bob Dylan - un poème dédié à Françoise Hardy , l’autre Dame de Paris … Notre-Dame dont le bossu vient hanter « Desolation Row », en 1965… Notre-Dame, le cœur de Paris aperçu depuis le bolide de Johnny Hallyday, par une douce nuit de mai 1966.

Bob Dylan et Françoise Hardy, mai 1966 - Bob Dylan et Johnny Halliday, à Paris, mai1966
Bob Dylan et Françoise Hardy, mai 1966 - Bob Dylan et Johnny Halliday, à Paris, mai1966 © Barry Feinstein - Rue des Archives/Agip

Vu d’ici, Bob Dylan, c’est d’abord l’affaire de quelques amateurs de musiques traditionnelles américaines. Puis on l’identifie derrière les succès de Peter, Paul & Mary et de Joan Baez. Folk ou Pop, peu importe alors : la jeunesse française attend un guide… en 1966, elle découvre un chanteur qui refuse d’être un porte-parole.

Silvain Vanot a réuni des photographies, des extraits audiovisuels de l’INA, des extraits sonores, notammentune interview inédite de Hugues Aufray ainsi que de nombreux disques édités exclusivement en France. Pour compléter cette approche, une revue de presse conçue par la Médiathèque de la Cité de la musique permet de consulter une quarantaine d’articles consacrés à Bob Dylan parus en France en 1966, et donne la mesure de l’impact du chanteur.Enfin, les visiteurs pourront regarder les interviews de quatre auteurs-journalistes évoquant les différentes facettes de l’artiste : Alain Rémond, Jacques Vassal, François Ducray et Silvain Vanot.Une projection d’extraits du documentaire culte « Don’t look back » réalisé par Pennebaker en 1965 clôt le parcours.

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