Collets, capes et manteaux

Avec ses capes réinventées en manteaux, ses manteaux taillés en pèlerine, le couturier qui n’a de cesse de conjuguer au présent les trésors de sa collection privée spatialise ces formes noires xixe siècle que sont les collets, mantelets et autres visites bordés de franges, ornés de broderies de perles de jais et de paillettes, pour redessiner une silhouette féminine alliant l’élégance au confort.

Ensemble du soir n°90, boléro sur robe longue, A/H 1958.
Ensemble du soir n°90, boléro sur robe longue, A/H 1958. © Balenciaga Archives Paris

«Balenciaga est le seul d’entre nous qui est un vrai couturier. lui seul est capable de couper un tissu, de le monter, de le coudre de sa main. les autres ne sont que des dessinateurs ». Bel hommage de Melle chanel partageant avec Balenciaga les mêmes convictions : la simplicité est la quintessence de l’élégance, l’élimination du superflu le secret du chic . chez cristóbal Balenciaga, il y a cette volonté de construire puis de déconstruire chaque modèle, pour ensuite tout reprendre à zéro... jusqu’à atteindre le point d’équilibre des volumes, la perfection du tombé. le maître excelle dans l’art du tailleur, il aime à travailler les tissus qui ont de la tenue et présentent des effets de texture. À l’instar de chanel, les pièces de jour du couturier sont d’un classicisme intemporel, quant à celles du soir elles dérogent à cette règle par leur extravagance.

Guipures et dentelles

La plupart des pièces collectionnées par le couturier pour sa documentation personnelle sont datées de la seconde moitié du xixe siècle. Pièces en guipure, cette dentelle sans fond dont les motifs semblent flotter dans le vide dessinant capes et boléros... Fragments de textiles montés, démontés, remontés... observés sous toutes les coutures pour en apprivoiser techniques et savoir-faire... dentelles noires comme les aime le xixe siècle dont on fait les voiles, les volants, les garnitures, les ruchés, montées tout en volume et légèreté s’épanouissant en autant d’éventails, mantilles, cols montants ou décolletés... guipures et dentelles racontent l’histoire du costume et de la mode, celle des cours européennes et de l’espagne populaire.

Ensemble boléro et jupe (détail), 1943. Velours cognac brodé de cordonnet noir à pampilles / Boléro, début XXème siècle.
Ensemble boléro et jupe (détail), 1943. Velours cognac brodé de cordonnet noir à pampilles / Boléro, début XXème siècle. © Stéphane Piera / Galliera / Roger-Viollet © Delphine Jaulhac / Galliera

Folklore et régionalisme

vestes andalouses ornées de madroños et de pampilles ou boléros couverts de paillettes et de passementerie inspirés des trajes de luces de l’arène... tout l’art de Balenciaga se déploie entre sol y sombra. de subtiles combinaisons chromatiques dans des gammes de gris, de noirs, de bruns et de bleus de la mer de Biscaye, de rouges sombres de la terre, de rouges vifs des robes à pois des danseuses de flamenco... rien de pittoresque ou qui n’ait une signification profonde dans ce musée imaginaire. Oscillant entre régionalisme et folklore, le couturier a, tout au long de sa carrière, conservé et magnifié les traditions, les usages et l’art populaire si particuliers à sa terre natale.

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