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Sur les 2000 m² de la Galerie Jardin , l’exposition DOGON se compose de trois grandes parties thématiques qui illustrent l’histoire de l’art et de la culture du peuple dogon au travers de productions artistiques variées.

Introduction : Histoire et origines des migrations des Dogon

Les récentes recherches historiques sur l’Afrique de l’Ouest ont démontré que les populations établies dans les diverses zones de la région n’étaient pas isolées. Les vagues de migrations, les pistes caravanières, les échanges commerciaux sur de longues distances ainsi que les relations avec les autres peuples résidant dans la région de Bandiagara ont permis de former un réseau développé de contacts, bien avant l’arrivée des Européens. La population dogon s’est donc enrichie de ces acquis que lui ont apportés les civilisations alentours.

Autel avec des figures féminines, New York, Etats-Unis, Metropolitan Museum of Art, XVI°-XX° siècle, bois et argile.
Autel avec des figures féminines, New York, Etats-Unis, Metropolitan Museum of Art, XVI°-XX° siècle, bois et argile. © The Metropolitan Museum of Art, Dist. RMN
**Première partie : Styles de statuaire en pays dogon** Au-delà de l’unité apparente d’une identité commune forgée au fil des siècles, les statues présentées dans cette partie dévoilent la remarquable créativité des peuples du pays dogon et la grande diversité de ses productions artistiques. Elle explore la complexité sous-jacente au pays dogon, perçu à tort comme un continuum culturel. Réparties selon différents styles correspondants à des peuples différents ou à des zones géographiques spécifiques, 133 sculptures exceptionnelles témoignent de cette richesse : **Djennenke, N’Duleri, Tombo, Niongom, et Tellem, Gogon-Mande, Tintam, Bombou Toro, Kambari, Komakan, styles de la falaise et de la plaine du Séno.** A leur arrivée sur le plateau de Bandiagara, les Dogon se retrouvent face à des peuples occupant déjà la région et possédant une culture matérielle élaborée. Sculptures et textiles des **Tellem** retrouvés dans les sanctuaires coexistent sur la falaise avec les oeuvres **Niongom et Dogon mandé** , tandis qu’au nord les sculptures **Djennenké** et, au centre du plateau, les pièces **Tombo** témoignent des vagues migratoires différentes.
Statuette féminine, bois.
Statuette féminine, bois. © musée du quai Branly, photo Patrick Gries
**Deuxième partie : La fascination des anthropologues : peintures et masques** L’intérêt qui se développe en Occident pour l’art dogon, de la conquête de Bandiagara en 1893 jusqu’à aujourd’hui, est d’abord une ambition scientifique, qui trouve sa pleine expression dans la mission Dakar-Djibouti (1931-1933). Cette partie explore l’approche institutionnelle des premières collectes, point de départ de la diffusion de la connaissance de l’art dogon en Occident. L’évocation de deux figures de l’imaginaire anthropologique, Louis Desplagnes et Marcel Griaule, permet de comprendre comment l’art dogon s’impose à la curiosité et au goût européen. *** Peintures rupestres** C’est en 1907 que Louis Desplagnes, dans son livre Le plateau central nigérien, amorce les premières études des arts et cultures du pays dogon, suite à une expédition dans la région de Bandiagara. Il met au jour un art rupestre remarquable par la vivacité et le dynamisme de son expression, et ses collectes alimentent le musée d’ethnographie du Trocadéro. **Une vingtaine de peintures rupestres sont présentées dans cette sous-section.** **Masques** Marcel Griaule propose dans Masques dogons (1938) une typologie d’une grande précision ethnographique. Objet de recherche privilégié, le masque dogon participe à la construction de cette discipline ethnologique. **35 masques dogon exposés évoquent la classification définie dans cet ouvrage.** **Troisième partie : objets porteurs de sacré, objets de collection**
Maternité, 14e siècle, Dogon, Afrique, Bois sculpté / pigments.
Maternité, 14e siècle, Dogon, Afrique, Bois sculpté / pigments. © musée du quai Branly, photo Hughes Dubois
Parallèlement à la quête scientifique et au développement des missions d’enquêtes sur le terrain, la fascination pour les objets et sculptures dogon s’intensifie. Les collectionneurs s’entourent non seulement de pièces de statutaires dogon mais aussi d’objets singuliers. **Un montage de 35 minutes d’extraits du film de Jean Rouch le Dama d’Ambarra (1974)** vient enrichir le début de cette séquence. **Les 140 objets** exposés dans cette dernière section témoignent de l’inclination des sculpteurs dogons à évoquer le mythe d’origine dans les objets du quotidien et d’éléments d’architecture tels que bijoux, objets en bronze et en fer, poulies, portes, serrures, sièges, appuie-têtes, sculptures d’animaux, autels, arches, coupes et plats. Ces objets déclinent les mêmes thèmes **« magico-religieux »** que les sculptures présentées dans la première partie. À la fin du parcours des **piliers de Toguna, la « case à palabres »** construction ouverte érigée au centre des villages dogon mènent à la grande **statue djennenké du musée du quai Branly** , chef d’oeuvre incontournable de l’art du pays dogon ![](sites/default/files/2011/06/23/74381/images/v2_telerama.jpg)
Hors-série Télérama
Hors-série Télérama © Radio France
### **Hors-série Télérama** Télérama met ses pas dans ceux des deux grands spécialistes que furent Marcel Griaule et Michel Leiris, dans les années 30. Tous deux à l'origine d'un engouement sans limite qui a nourri les grandes collections occidentales. L'occasion de redécouvrir un art, une statuaire, un artisanat mais aussi la vision du monde d'auteurs maliens à qui nous donnons la parole.
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