En entrant au rez-de-chaussée vous découvrez le peintre au sommet de la pyramide des artistes élus par Jean Planque, Cézanne demeure la référence absolue. L’exemple du maître d’Aix l’amènera à considérer le tableau comme un langage à part, autonome, fruit de la vision et de l’expression. La salle une présente les maîtres de la figuration comme Monet, Degas, Redon, Renoir et bien d’autres. La salle deux est consacrée au cubisme avec des toiles de Duffy, Fernand Léger et Braque . La salle trois est dédiée à René Auberjonois , le Cézanne suisse. C’est le premier peintre important qui ait su reconnaître l’oeil de Jean Planque.

La salle quatre est organisée sur le thème ‘la rencontre avec Picasso . Jean Planque rencontre Pablo Picasso le jour de ses cinquante ans, le 5 juillet 1960. Il est venu pour le compte de Beyeler apporter une toile de Cézanne que Picasso avait repérée dans un catalogue de la galerie. La vente ne se fera pas, mais une amitié forte est en train de naître. Au cours de l’entretien qui suit, Planque déploiera en effet tout son charme en parlant avec éloquence de sa passion pour la peinture : son audace de grand timide le servira auprès d’un artiste âgé qui, retiré du monde, n’a plus l’occasion d’entendre des propos d’une telle franchise. A la fin de la journée, Picasso encouragera le Vaudois à revenir le voir. Planque ne se fera pas prier. Il reviendra régulièrement au domicile de l’artiste, à Notre-Dame-de-Vie à Mougins, au cours des années suivantes. Notamment en 1965, quand la galerie Beyeler, préparant un hommage pour les quatre-vingt cinq ans du peintre, envoie son éloquent messager convaincre Picasso, qui se faisait tirer l’oreille, de prêter certaines pièces manquantes.

Pablo Picasso, (1881-1973), Femme au chapeau dans un fauteuil, 1939 (Huile sur toile, 65 x 54 cm) - Fondation Jean et Suzanne Pl
Pablo Picasso, (1881-1973), Femme au chapeau dans un fauteuil, 1939 (Huile sur toile, 65 x 54 cm) - Fondation Jean et Suzanne Pl © Luc Chessex / Succession Picasso 2011
Picasso finira par vendre directement au marchand bâlois plusieurs tableaux, fait exceptionnel dans l’histoire des relations de l’artiste qui depuis toujours ne traitait qu’avec son marchand de Paris. Planque investira immédiatement les revenus de ses commissions dans l’achat de quelques toiles importantes du Maître, datant des années où ils se sont connus. **Au 1er étages** les salles réunissent **passion de la musique : rythmes et couleurs** avec des toiles de **Tobey, Bissière, Klee** continuant sur **un goût marqué pour la matière** avec **Tapiès** et **Toledo, les années 50** avec notamment **Nicolas de Staël** . Dans **l’avant dernière salle** vous retrouvez **Dubuffet et l’art brut** : Jean Planque confessait volontiers que la rencontre avec Jean Dubuffet avait été l’une des plus fructueuses de sa vie. « Dubuffet a bien vu que je ne savais rien, que j’étais ignare en tout. Il s’est pris au jeu. Il s’est approché du pauvre bougre que je suis. Il m’a tout appris. A lui, je dois tout ce que j’ai pu faire ensuite. Tout. Il m’a donné les clefs pour analyser une œuvre. Savoir voir. Il disait : “ C’est l’invention qui compte. Seule l’invention et la subversion.” » Par effet de gratitude, Planque, de son côté, soutenait sans réserve auprès des galeries, des musées et des collectionneurs, l’œuvre de Dubuffet, même quand le public ne parvenait plus à accepter les nouvelles audaces de l’artiste. **La dernière salle** est ouverte **aux acquisitions récentes** . Depuis la disparition de Jean Planque, en août 1998, quelques artistes l’ayant connu ou ayant pu admirer la réunion de ses tableaux à la faveur des expositions réalisées au cours des ans ont souhaité faire don à la Fondation d’une ou plusieurs de leurs œuvres pour honorer la mémoire du collectionneur. **Le 2ème étage** consacre ses **quatre salles à Jean Planque** :Jean Planque, **artiste peintre, le séjour au pied de la montagne Sainte-Victoire, la rencontre avec Beyeler et Jean Planque et ses amis** .
Paul Klee, Alte Stadt und Brücke, 1928 (Tempera, couleurs à l’huile, 11,5 x 42,5 cm) - Fondation Jean et Suzanne Planque
Paul Klee, Alte Stadt und Brücke, 1928 (Tempera, couleurs à l’huile, 11,5 x 42,5 cm) - Fondation Jean et Suzanne Planque © Luc Chessex
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