7. La religion et la mort

La religion occupait une place très importante dans la société macédonienne, comme en témoignent les objets ayant pour modèle différentes divinités. Au cours des récentes fouilles, de nombreuses sépultures ont permis de comprendre l’organisation spatiale des tombes. Sous les tumuli les tombes ressemblent à des temples fermés, aux façades ornées de chapiteaux, de demi-colonnes doriques ou ioniques, de frises et de corniches dont certaines présentent un décor polychrome qui a conservé toute sa palette chromatique. Elles donnent une idée de la décoration des monuments de la Grèce des cités, comme ceux de l’Acropole d’Athènes qui étaient peints. L’intérieur de la tombe est constitué parfois d’un vestibule et d’une chambre.

Trois vantaux de portes de tombes , rapportées par Heuzey au Louvre, sont présentées dans l’exposition (Battants droit et gauche des portes de la tombe macédonienne dite de Palatitza , musée du Louvre).

Les découvertes archéologiques éclairent les pratiques funéraires révélant les croyances et rites antiques. Ainsi se lit la volonté de l’élite macédonienne de se garantir le passage vers l’au-delà, en se faisant « initier » à un dieu ou une déesse (comme Perséphone) afin de connaître les secrets du passage vers la mort. Les divinité sont souvent présentées dans les tombes sous forme de figurines, comme ce buste de terre cuite polychrome avec un regard intériorisé à dimension quasi eschatologique, datant du IVe siècle avant J.-C (Buste de divinité féminine en terre cuitepolychrome , Musée archéologique d’Amphipolis).

Les objets de la vie du défunt l’accompagnent dans la mort. Les cendres et ossements recueillis sur le bûcher de la crémation peuvent être déposés dans un vase, comme l’Hydrie cinéraire àvernis noir avec un couvercle de plomb datant d’environ 350 avant J.-C. (Musée archéologique d’Amphipolis) des couronnes, données lors des banquets ou en récompense peuvent également accompagner le défunt. Le point d’orgue de cette section est une couronne funéraire en or , retrouvée dans une tombe à Apollonia (Couronne de feuilles de lierre et corymbes en or ).

Bracelet à têtes de bouquetin Première moitié du IIIe s. av. J.-C. Evropos, Kilkis Or D. 8 cm
Bracelet à têtes de bouquetin Première moitié du IIIe s. av. J.-C. Evropos, Kilkis Or D. 8 cm © Hellenic Ministry of Culture and Tourism / Archaeological Receipts Fund

8. La Macédoine antique sous domination romaine

Le dernier roi, Persée, est vaincu en 168 avant J.-C. à Pydna. La Macédoine devient une province romaine. Les Romains construisent la Via Egnatia, qui traverse le nord de la Grèce d’ouest en est, afin de faciliter les échanges commerciaux et les déplacements de troupes. L’exposition présente l’organisation romaine de la province de Macédoine, ainsi que les colonies romaines de Philippes et de Dion, les bouleversements, notamment artistiques et religieux. De nouveaux dieux sont désormais vénérés en Macédoine, la déesse Rome, Sérapis et Isis. Un important sanctuaire de Sérapis et Isis a été retrouvé à Thessalonique. La ville devient le siège influent de la province romaine de Macédoine.

En point d’orgue de l’exposition, le Louvre propose une évocation de la colonnade des Incantadas, colonnade à étage bâtie au sud de l’agora romaine de Thessalonique (Portique des Incantadas, pilier sculpté , musée du Louvre). Les piliers sculptés ornés de deux personnages issus de la mythologie grecque (un sur chaque face), les chapiteaux corinthiens et les blocs de l’entablement sont exposés. Incantadas (« les Enchantées » en espagnol) provient d’une légende selon laquelle Alexandre le Grand, dont le palais se trouvait d’un côté du portique, aurait été l’amant de la femme du roi de Thrace, dont le palais se trouvait de l’autre côté. Apprenant qu’Alexandre devait rejoindre sa bien-aimée le soir même, celui-ci fit jeter un sort sur le portique. Le roi macédonien ayant eu connaissance du danger ne vint pas cette nuit-là. Le roi de Thrace et__ sa cour passant sou le portique se seraient changés en pierre.

Portrait d'Alexandre IIIe siècle av. J.-C. Pella (aux environs de) Marbre H. 30 cm, l. 27 cm
Portrait d'Alexandre IIIe siècle av. J.-C. Pella (aux environs de) Marbre H. 30 cm, l. 27 cm © Hellenic Ministry of Culture and Tourism / Archaeological Receipts Fund

9. Genèse antique de la légende d’Alexandre

Alexandre est né en juillet 356 av. J.-C. à la cour royale de Pella. À l’âge de treize ans, il recevait l’enseignement d’Aristote sur les conceptions politiques et les sociétés humaines, sur les caractéristiques essentielles du souverain idéal, sur les contrées lointaines et les différents peuples. C’est à Miéza qu’Alexandre suivit avec les fils des hétairoi royaux, ses compagnons d’enfance qui plus tard deviendraient ses généraux célèbres, l’enseignement du philosophe, tels Ptolémée et Héphaistion. L’assassinat de son père Philippe en 336 av. J.-C. lui ouvrit le chemin du trône de Macédoine, où il monta avec le soutien actif de l’armée. En même temps que le royaume, Alexandre héritait de son père le commandement d’une expédition panhellénique qui avait été décidée au Conseil de Corinthe. Son but était de neutraliser complètement le danger perse qui menaçait constamment la Grèce depuis plus de 150 ans. Pour un jeune souverain ambitieux, qu’enchantaient les héros de la guerre de Troie tandis qu’il lisait avec passion les poèmes épiques d’Homère, l’expédition d’Asie offrait l’occasion unique de devenir un nouvel Achille. Alexandre fut le premier à renverser l’empire des Perses en dépit d’une armée moins nombreuse. Il fit rayonner la culture hellénique de façon durable, de l’Egypte à l’Inde. Des jeux furent organisés en son honneur au IIIe siècle après J.-C., comme le montrent les médailles à l’effigie de sa famille conçues pour les jeux de Béroia et de Tarse, présentées dans l’exposition (Médaillon d’or des jeux de Béroia, en l’honneur d’Alexandre et de sa famille , Musée archéologique de Thessalonique).

Sa renommée l’élèvera au rang de héros, de dieu, de son vivant. En témoignent les portraits d’Alexandre réalisés par les plus grands artistes, comme Lysippe. Alexandre y est représenté en conquérant, la main gauche entourant une lance et la main droite serrant alors une épée, aujourd’hui perdue. Autre portrait saisissant, celui de la réplique romaine de l’Alexandre à lalance , présenté sous la forme d’un Hermès, (Portrait d’Alexandre dit Hermès Azara , musée du Louvre). Il fut mis à jour en 1779 et offert à Napoléon Bonaparte, qui le remet en 1803 au musée du Louvre.

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