Laurent Fabius
Laurent Fabius © REUTERS/Ammar Awad

La France va demander la levée de l’embargo sur les armes. A défaut d'unanimité européenne sur la question, Paris et Londres décideront à titre personnel de livrer des armes aux rebelles, "seul moyen de faire bouger politiquement la situation en Syrie".

C’est une position commune de Paris et Londres qui vont d’ailleurs demander à l'Union européenne d'avancer la prochaine réunion sur l'embargo des armes à destination de la Syrie prévue fin mai.

A défaut d'unanimité sur la question de l’embargo -plusieurs membres de l'UE, notamment l'Allemagne sont très réticents- la France et la Grande-Bretagne décideront à titre personnel de livrer des armes aux rebelles. "Il faut que les résistants aient la possibilité de se défendre", a déclaré Laurent Fabius ce matin sur France Info.

"On ne peut pas accepter qu'il y ait ce déséquilibre actuel avec d'un côté l'Iran et la Russie qui livrent des armes à Bachar et de l'autre des résistants qui ne peuvent pas se défendre", a fait valoir Laurent Fabius.

À Bruxelles, François Hollande a lui aussi milité activement pour ces livraisons d'armes. "Nous souhaitons que les Européens lèvent l'embargo. Nous sommes prêts à soutenir la rébellion, donc nous sommes prêts à aller jusque là. Nous devons prendre nos responsabilités", a lancé le président français. Tout en précisant qu'il faudra aussi et "d'abord convaincre ses partenaires européens".

L'objectif, selon des responsables français s'exprimant sous anonymat, est de fournir notamment à l'opposition syrienne des missiles sol-air pour contrer les attaques des avions et hélicoptères de l'armée syrienne.

Les explications de Simon Tivolle.

"Faire bouger la situation" en Syrie

Jusqu'à présent, un embargo décidé par l'Union européenne interdit de telles livraisons et certains de ses membres, comme Paris et Londres, ne fournissent aux rebelles syriens que des matériels non létaux comme des moyens de protection ou de communication.

"Lever l'embargo c'est un des seuls moyens qui restent pour faire bouger politiquement la situation", constatant que la Russie et l’Iran livrent des armes à Bachar al-Assad qui "ne veut pas bouger parce qu’il pense avoir la supériorité permanente par les armes".

Mardi, le Premier ministre britannique David Cameron avait déjà indiqué que son pays pourrait se désolidariser de l'embargo de l'UE en cours, en fournissant des armes à l'opposition syrienne.

Laurent Fabius répond à Raphaëlle Duchemin

L'opposition syrienne, elle, salue "un pas dans la bonne direction". Selon le porte-parole de l'opposition, Walid al-Bounni, "Bachar al-Assad n'acceptera de solution politique que lorsqu'il saura qu'il a face à lui une force armée qui va le renverser".

Explications de Christian Chesnot, du service Monde de France Inter.

Le pouvoir syrien, évidemment, voit les choses d'une toute autre façon. Pour Damas, armer les rebelles "est une violation flagrante du droit internationale".

Pour le député UMP Pierre Lellouche, attention à bien savoir où iront ces armes...

Le conflit en Syrie a fait, selon l'ONU, plus de 70.000 morts depuis son déclenchement le 15 mars 2011.

Deux ans de révolte en Syrie
Deux ans de révolte en Syrie © IDÉ
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