[scald=222973:sdl_editor_representation]BRUXELLES (Reuters) - La France et le Royaume-Uni ont appelé jeudi leurs partenaires européens à lever rapidement l'embargo sur les livraisons d'armes à l'opposition syrienne, faute de quoi, a prévenu François Hollande, Paris pourrait agir unilatéralement.

Le président français a évoqué devant la presse les 100.000 victimes qu'a fait selon lui le conflit ainsi que "des craintes quand à l'utilisation des armes chimiques" par le régime du président syrien Bachar al Assad.

"Nous avons pour objectif, le Royaume-Uni et la France, de convaincre nos partenaires avant la fin du mois de mai et si possible avant", a indiqué le président français lors d'une conférence de presse jeudi soir.

"Si d'aventure il devait y avoir un blocage d'un ou deux pays, je connais un certain nombre de réticences, alors, je ne peux pas m'engager pour d'autres que la France, mais la France elle-même, prendrait ses responsabilités", a averti le chef de l'Etat.

François Hollande s'est entretenu en privé avec le Premier ministre britannique David Cameron en marge du sommet et les Vingt-Sept discuteront ensemble vendredi du dossier.

Les décisions européennes en matière de politique étrangère se prenant à l'unanimité des Vingt-Sept, il suffirait à la France ou au Royaume-Uni d'opposer leur veto à cette reconduction pour que l'embargo soit automatiquement levé, ce qui lui permettrait de livrer des armes susceptibles d'établir un équilibre des forces.

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, avait déjà annoncé jeudi matin que Paris et Londres pourraient voter contre la reconduction de l'embargo européen sur les livraisons d'armes à l'opposition syrienne.

Laurent Fabius a ajouté que Paris et Londres demanderaient d'avancer la réunion des ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept prévue le 22 avril pour réexaminer le maintien de l'embargo reconduit le 1er mars dernier jusqu'au 31 mai.

"Il faut aller très vite", a-t-il dit. "Les Européens devraient reprendre cette question dans quelques semaines mais nous allons demander avec les Britanniques que la réunion qui prévoit l'examen de tout ça soit avancée."

"S'il n'y a pas de position commune, de position internationale commune, il pourrait y avoir une position commune de la France et de la Grande-Bretagne pour armer l'opposition", a-t-il dit en précisant qu'il s'agissait de "lever l'embargo".

"AGIR A NOTRE FACON"

Le Premier ministre britannique David Cameron avait adopté dès mardi une position similaire.

"J'espère que nous réussirons à convaincre nos partenaires européens et que si de nouvelles modifications (à l'embargo en vigueur, NDLR) se révèlent nécessaires, ils seront d'accord avec nous", a déclaré le Premier ministre britannique devant une commission parlementaire.

"Mais s'ils ne le peuvent pas, alors il n'est pas totalement exclu que nous soyons obligés d'agir à notre façon. C'est possible", a-t-il dit.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, s'est déclaré jeudi dans un communiqué prêt à "discuter immédiatement" de la nécessité d'une modification des sanctions qui frappent la Syrie, dont l'embargo fait partie.

Selon un responsable français de haut rang, la livraison à l'opposition de missiles sol-air susceptibles d'abattre les avions du régime de Bachar al Assad est envisagée.

"Les arguments bien connus contre la livraison d'armes aux rebelles - trouver d'abord une solution politique, ne pas militariser la situation ou la crainte que les armes ne tombent dans de mauvaises mains - perdent de leur impact", dit-il.

"Nous avons maintenant identifié où les armes peuvent aller et qui peut les obtenir. La pression sur Bachar ne fonctionne pas et nous ne pouvons pas accepter qu'une partie continue à se faire assassiner", a-t-il ajouté.

La Russie a réaffirmé quant à elle mercredi son opposition à la fourniture d'armes à l'opposition.

"Je pense que le droit international stipule que cela n'est pas possible et je pense qu'armer l'opposition est une infraction au droit international", a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov lors d'une conférence de presse à Londres.

Julien Ponthus, avec John Irish et Jean-Baptiste Vey à Paris, édité par Yves Clarisse et Hélène Duvigneau

Mots-clés :

Derniers articles


Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.