Le Conseil national du Parti socialiste se réunit ce samedi 9 juin, pour la première fois depuis l'élection de son nouveau Premier secrétaire, Olivier Faure. Un nouveau dirigeant pour un parti qui a encore bien du mal à reconquérir les militants qui l'ont déserté.

Olivier Faure, le Premier secrétaire du Parti socialiste
Olivier Faure, le Premier secrétaire du Parti socialiste © Maxppp / Maxppp

Deux mois après son congrès, le Conseil national du Parti socialiste lance son chantier en vue des élections européennes de 2019. Une consultation citoyenne doit également être organisée sur ce thème ainsi que sur la tenue d'une "convention" qui définira les grandes orientations européennes du PS.

Un Premier secrétaire qui doit encore convaincre

Le Parti socialiste se prépare pour 2019 alors qu'il tente encore de se relever de la débâcle de la présidentielle 2017. La tâche s'annonce ardue. Il suffit de voir l'accueil réservé à son nouveau Premier secrétaire, Olivier Faure, lors des différentes manifestations anti-gouvernement, ces derniers mois. "Nous sommes tous dans la panade, la moitié de vos amis sont partis avec Macron pour faire une politique libérale absolument scandaleuse", lui lance un manifestant, lors de l'un de ces défilés. Puis il ajoute à l'égard du nouveau patron : "Soyez prudent, soyez dans l'opposition ferme." Face à ce discours de militants déçus, Olivier Faure répond :

Ça fait trente ans, qu'il y a des gens qui considèrent que nous ne sommes pas sur l'aile radicale de la gauche, que nous ne sommes pas la gauche.

Le PS tente, se reconstruit, se refonde. Depuis l'élection d'Olivier Faure, la direction du parti a été resserrée avec 24 membres contre 80 auparavant. Beaucoup de permanents ont fait leurs cartons, il y a une soixantaine de départs avec le plan social. Le siège de Solférino vit ses dernières heures avant un déménagement annoncé à Ivry-sur-Seine, en banlieue de Paris. Dans ce contexte, un brin crépusculaire, l'homme qui a tenu le parti depuis la défaite présidentielle y croit encore. Pourquoi ? "Parce que Macron", explique Rachid Temal, sénateur socialiste : 

Il y a de la place pour une autre opposition et il faut qu'on tende la main à tout le monde et accepter de débattre. Nous ne pouvons pas être dans un rassemblement où certains commencent à dire 'je ne veux pas d'untel ou untel.'

Un rassemblement de la gauche impossible 

Le rêve secret des dirigeants du PS ? Que s'évanouisse le charme qui a ensorcelé leurs anciens électeurs. Louise a le même rêve. Pour cette militante d'Issy-les-Moulineaux, il y eu un quiproquo : "Macron s'est servi du PS, c'était son marchepied, il nous a trompés sur toute la ligne", affirme-t-elle. Et quand on lui demande si le PS a encore une place à gauche, surtout avec la naissance du mouvement Génération-s de Benoît Hamon, elle relativise :

On a des jeunes qui ont un pied au PS et un pied à Génération-s. Ce qu'il faut faire, c'est toujours leur donner espoir dans le PS pour qu'ils reviennent.

L'ancien candidat PS à la présidentielle, Benoît Hamon est pourtant passé à autre chose. Le 26 mai dernier, lors de la marée populaire, il a défilé aux côtes des Insoumis. Pour lui, la page est tournée :

Ça n'existe pas les espaces laissés vides et dans lesquels on pourrait reposer ses fesses tranquillement. Je pense qu'il y a une grande part de la complexité de la société française et des cycles en cours qui expliquent que la social-démocratie en Europe, s'effondre.

Reste au PS, ces mots de René Char que répète comme un mantra, le patron du parti : "Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. À te regarder, ils s'habitueront."

2'59

PS, année zéro : reportage de Laurence Peuron

Par Laurence Peuron
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.