L'adjudant Guy Raugel, l'un des accusés, qui a reconnu avoir étouffé Firmin Mahé
L'adjudant Guy Raugel, l'un des accusés, qui a reconnu avoir étouffé Firmin Mahé © Maxppp

Verdict exceptionellement clémént, hier. La cour d'assises de Paris a prononcé un acquittement et trois peines de prison avec sursis au procès de quatre militaires français jugés pour le meurtre en 2005 d'un Ivoirien.

Les militaires appartenaient à la force française Licorne déployée en soutien de l'ONU en Côte d'Ivoire. Ils étaient chargés de surveiller la "zone de confiance", entre le nord tenu par la rébellion et le sud loyaliste.

La victime, Firmin Mahé, considéré comme un "coupeur de route", un bandit attaquant les voyageurs et les populations, avait été étouffé avec un sac plastique alors qu'il était tansporté dans un blindé français.

"Scandaleux !", Aquittés parce qu'ils sont blancs", "Honte à la France !", ont lancé à l'énoncé du verdict des Ivoiriens présents dans la salle, avant de sortir et de se mettre des sacs plastique sur la tête.

Franck Cognard a suivi ce procès

Tué pour des atrocités présumées

Le colonel Eric Burgaud, qui a donné l'ordre de tuer, est finalement condamné à cinq ans de prison avec sursis alors que l'accusation demandait cinq ans ferme. L'adjudant-chef Guy Raugel, qui admet avoir commis le meurtre, est frappé de quatre ans avec sursis alors que l'accusation demandait trois ans ferme. Il accepte sa culpabilité quil trouve "normale". Il a parlé de "délivrance".

La cour condamne par ailleurs le brigadier-chef Johannes Schnier, qui l'a aidé, à un an avec sursis. Le brigadier Lianrifou ben Youssouf, qui conduisait le véhicule où a été commis le crime, est acquitté.

Lors d'une audience civile qui a suivi l'énoncé du verdict, l'avocat de la famille de Mahé, affirmant qu'il n'était pas un bandit, a demandé 1,2 million d'euros de dommages et intérêts. La cour rendra sa décision sur ce point le 22 janvier.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.