Le ministre français de l'Intérieur a affiché une baisse de la délinquance pour la neuvième année consécutive en 2011 dans le dernier bilan du quinquennat sur la sécurité, que l'opposition de gauche juge "biaisé" et "maquillé".La délinquance a reculé globalement de 0,34% en 2011 en France, avec "12.000 faits de moins", et de 16,47% depuis 2002,a précisé Claude Guéant lors d'une conférence de presse à moinsde cent jours de l'élection présidentielle.Il a souhaité qu'à l'avenir ce chiffre global, dont la pertinence est contestée, soit abandonné pour ne retenir que la méthodologie de l'Observatoire national de la délinquance et desréponses pénales (ONDRP), qui s'appuie sur plusieurs indicateurs. Accusé par la gauche et Marine Le Pen, président du Front national, de se livrer à une présentation mensongère des statistiques, Claude Guéant a surtout mis en évidence la stabilisation des violences aux personnes.Ces atteintes volontaires à l'intégrité physique n'avaient cessé d'augmenter ces dernières années, permettant à l'opposition de dénoncer un échec de Nicolas Sarkozy dans un domaine qui contribue le plus au sentiment d'insécurité. Elles n'ont progressé que de 0,1% en 2011, alors que la hausse cumulée depuis 2002 était de 22,8%."Puisqu'il est de bon ton à gauche de dire que les violences aux personnes sont un échec des gouvernements qui se sont succédé depuis 2002, je lui rappellerai que pendant les cinq dernières où elle était au pouvoir les violences aux personnes avaient augmenté de 70%", a-t-il dit en réponse aux critiques.

Un constat qui n'est pas partagé par tout le monde, Franck Cognard

GUÉANT VISE LA DÉLINQUANCE ÉTRANGÈREClaude Guéant a aligné les bons chiffres, avec une baisse de 4,15% de la délinquance de proximité et de 1,74% des atteintes aux biens.Il a reconnu un point noir: une hausse de 16% des cambriolages de résidences principales et secondaires.Une augmentation qu'il attribue aux "raids menés par des personnes originaires d'Europe centrale et orientale"."C'est très difficile à combattre parce que ce sont des gens qui passent d'un pays à l'autre très rapidement", a-t-il dit, précisant avoir demandé à la Commission européenne la mise aupoint d'un plan spécifique animé par Europol et Eurojust, les bras policier et judiciaire de l'Union européenne.Claude Guéant a également salué le dépôt par trois députés d'une proposition de loi qui permettrait d'étendre la peine complémentaire d'interdiction du territoire français aux étrangers qui résident depuis peu de temps en France et qui ont commis des actes de délinquance.

Des responsables de gauche y voient un retour de la "double peine", pourtant supprimée par Nicolas Sarkozy et s'élèvent contre le "couplet xénophobe" du ministre.Pour Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du candidat socialiste François Hollande, "le satisfecit partiel et partial" de Claude Guéant "est en décalage total avec ce que vivent les Français au quotidien." François Rebsamen, président du groupe socialiste du Sénat, dénonce "un exercice de maquillage des faits de délinquance". Selon lui, certains actes de vandalisme ne sont pluscomptabilisés, de même que les vols de téléphones mobiles, qui feraient l'objet d'une simple main-courante.La candidate écologiste, Eva Joly, estime que "plus personne n'est dupe de cette avalanche de chiffres, où la petite délinquance est mélangée avec le grand banditisme. "La candidate du FN, Marine Le Pen, dénonce également un "petit numéro électoraliste sur la délinquance". "Derrière un chiffre global agrégé qui n'a strictement aucun sens, la vérité est bien plus cruelle pour Nicolas Sarkozy et Claude Guéant : les violences contre les personnes augmententsans cesse depuis 10 ans", affirme-t-elle dans un communiqué."En outre en 2011, les cambriolages ont explosé de 16%", ajoute-t-elle.

(avec Sophie Louet, édité par Yves Clarisse) REUTERS

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