libération des deux cadres de goodyear-amiens
libération des deux cadres de goodyear-amiens © reuters

Les deux dirigeants du site Goodyear d’Amiens-Nord ont été relâchés mardi après 30 heures de séquestration. Les deux hommes ont été chahutés à leur sortie. Jusqu'où les salariés peuvent-ils aller quand ils sont mécontents voire désespérés ?

Théoriquement, la séquestration est un délit, c'est une privation de liberté, on retient quelqu'un contre son gré, c'est un délit puni par la loi et les peines sont lourdes : l'employé risque jusqu'à 20 ans de prison, 30 s'il y a plusieurs personnes séquestrées. La peine est plus légere toutefois si la séquestration dure moins d'une semaine. Dans les faits, ces peines maximales ne sont jamais appliquées, d'abord parce que les victimes ne portent pas toujours plainte. Quand ça arrive, les salariés prennent seulement quelques semaines avec sursis ou bien l'affaire est classée sans suite.

En fait, les juges font souvent preuve d'indulgence et trouvent aux salariés des circonstances atténuantes. La dimension sociale du délit est prise en compte. Souvent ce sont des salariés désespérés face à une direction qui n'est plus dans le dialogue.

La séquestration de patrons n'est une spécialité hexagonale

On a vu des cas en Italie, en Belgique, la France n'a pas l'exclusivité, mais c'est vrai que la crise avive les tensions. En 2009, par exemple, il y a eu beaucoup de cas : Caterpillar, Molex, Sony, 3M même le propriétaire de la FNAC. François Henri Pinault a été retenu pendant une heure certes mais quand même. Chez les patrons séquestrés, en tout cas, ça laisse des traces. Sylvain Niel, qui les fréquente en témoigne. Il est avocat en droit social et président le cercle des DRH.

C'est un débordement non maîtrisé, on est sur un dérapage, on ne sait pas jusqu'où ca peut aller.

Les conseillers en ressources humaines ne s'y sont pas trompés. Depuis 2009, il existe pour les dirigeants des formations pour éviter les séquestrations, et même pour savoir les gérer quand elles arrivent.

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