Sale temps pour Google. La branche française du géant américain est suspectée de ne pas avoir déclaré des revenus publicitaires perçus entre 2008 et 2010. Elle les aurait déclarés en Irlande et non en France et aurait ainsi bénéficié d'une fiscalité plus clémente pour les entreprises. Google France risque un redressement fiscal de 100 millions d'euros. Autre point noir : la CNIL s'inquiète de la nouvelle politique de confidentialité adoptée par Google. Le géant du web souhaite centraliser la collecte de données de ses utilisateurs. La Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés vient d’envoyer un document de 69 questions à la firme américaine : elle lui demande de préciser ces changements et de clarifier cette nouvelle politique de confidentialité. Elle souhaite particulièrement connaître les conséquences pour les internautes de cette nouvelle politique.

Le problème souligné par la CNIL est le croisement de données. En effet, Google souhaite centraliser les informations dont elle dispose en un seul profil d’utilisateur pour tous ses services. Par exemple, un internaute pourrait disposer d’un seul et unique compte s’il possède un compte sur Youtube, Gmail, Google+ ou bien Google Maps. Ces différents services proposés par Google collectent des centaines d’infos sur nos visites, profils, préférences ce qui permet à la firme de mieux cibler ses utilisateurs à des fins publicitaires particulièrement.

Un questionnaire méticuleux

La CNIL est vigilante sur ces changements car l’incertitude plane sur le niveau d’information dont dispose les utilisateurs de ces services. C’est pourquoi elle a décidé d’envoyer ce questionnaire pour obtenir des précisions. Le questionnaire s'intéresse par exemple aux réponses apportées par Google aux doutes de ses utilisateurs, sur le nombre précis d’internautes qui ont visité la page dédiée à cette nouvelle politique de confidentialité ou sur les critères de collecte des informations personnelles. La question des services Google qui collectent des informations pour mieux cibler les publicités et les rendre plus efficaces est également abordée.

Ces questions sont donc classées par thèmes avec entre autres :

  • « transition vers une nouvelle politique de confidentialité »
  • « services et collecte de données »
  • « objectifs »
  • «la rétention de données»
  • « droit et consentement »

  • « la légitimité de la connection de données entre services »

  • « cookies »

Les géants du web face aux autorités de régulation

Dans cette lutte que se livrent la CNIL et Google entre en jeu un troisième acteur : la législation européenne. En effet la directive européenne 95/46/CE dicte les règles dans l'UE en matière de collecte et de traitement des données. Elle vise essentiellement à protéger les droits et libertés des personnes concernant le traitement des données personnelles. L'enjeu est majeur dans cette affaire : il est question de savoir si un géant du web peut imposer sa politique aux acteurs du marché mais aussi aux autorités régulatrices sans respecter les préconisations de la CNIL.

Par ailleurs, Google n'est pas le seul géant du web épinglé par la CNIL et les associations de défense des internautes. Fin 2011 la CNIL a été saisie par l'association "Internet sans frontières" qui estimait que Facebook collectait et conservait illégalement des données personnelles de ses utilisateurs via le bouton "like", des cookies "zombies" (des cookies difficiles à effacer) et la reconnaissance faciale sur les photos. Facebook est également suspecté d'espionner les sms de ses membres qui utilisent le réseau social sur leur smartphone car l'application demande un accès total aux fonctions de messagerie du téléphone pour pouvoir être installée.

La partie ne fait que commencer entre la CNIL, de plus en plus méfiante vis-à-vis de l’extension de la firme américaine, et Google qui a d'ores et déjà appliqué ces nouvelles règles au début du mois. D'autant plus qu'elle souhaite développer son réseau social Google+ et devenir le réseau social rival de Facebook. Reste maintenant à voir si la CNIL et les utilisateurs pourront faire entendre leurs revendications et leurs craintes. Google va-t-il faire marche arrière ?

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