PARIS (Reuters) - Une perquisition de grande envergure a eu lieu jeudi au siège de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) dans le cadre de l'enquête sur le médicament Mediator, a-t-on appris de source judiciaire.

Les domiciles de plusieurs cadres de l'organisme ont été également perquisitionnés, a-t-on précisé de même source.

"Cette importante opération a été effectuée en présence des juges en charge du dossier, du parquet et de 25 enquêteurs", a-t-on ajouté.

La justice française tiendra en mai à Nanterre (Hauts-de-Seine) un premier procès pour "tromperie aggravée" des laboratoires Servier et de leur fondateur Jacques Servier pour la diffusion du médicament soupçonné d'avoir provoqué la mort de 500 à 2.000 personnes en France.

Une information judiciaire, où plusieurs milliers de personnes sont parties civiles, se poursuit parallèlement. Jacques Servier, 89 ans, a déjà été mis en examen en septembre pour "tromperie sur la qualité substantielle d'un produit, escroquerie et obtention indue d'autorisation".

Selon des parties civiles, des rapports sur le Mediator semblent avoir été édulcorés et des alertes ignorées par les autorités sanitaires. Jacques Servier rémunérait de nombreux médecins spécialistes et des lobbyistes.

Le Mediator, présenté comme antidiabétique mais prescrit comme coupe-faim, est accusé d'avoir fait de 500 à 2.000 morts en France entre 1976 et 2009.

Ce dossier sanitaire, l'un des plus graves de l'histoire judiciaire française, a d'ores et déjà amené une remise en cause du système français.

Après les scandales du Mediator et des prothèses mammaires Poly Implant Prothèse (PIP), des élus ont relancé le débat sur les liens entre les experts médicaux et les laboratoires pharmaceutiques.

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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