Saviez-vous que Philippe Torreton a comparu devant la cour d'assises à Tours la semaine dernière ? Et qu'il risquait de se prendre perpet pour l'assassinat de sa femme ? Défendu par l'infatigable avocate Françoise Cotta du barreau de Paris, il a tenté de convaincre les jurés qu'elle s'était suicidée, qu'il était donc innocent et qu'il fallait l'acquitter. L'avocat général Jean-Claude Kross a privilégié la thèse criminelle et demandé aux jurés, emmenés par le président de la cour d'assises Jean-Pierre Deschamps, de prononcer une lourde condamnation à l'encontre de Philippe Torreton.

Philippe Torreton
Philippe Torreton © MAXPPP/Voix Du Nord/ Johan Ben Azzouz

Bon, inutile d'entretenir le doute plus longtemps, l'accusé Philippe Torreton ne comparaissait pas en son nom propre, mais l'acteur campait le rôle du Docteur Villers pour une fiction qui sera diffusée l'an prochain sur Arte. Fiction originale à plus d'un titre. D'abord, parce que le procès de Philippe Torreton alias Paul Villers, a été filmé en intégralité et dans les conditions du réel. C'est à dire qu'aucun texte n'était écrit. Les acteurs, l'accusé Torreton, mais aussi les témoins de ce procès, avaient appris, non pas des dialogues, mais un dossier pénal. Et ils sont entrés dans leur personnage (le frère, la belle-mère, le voisin...) jusqu'à pouvoir improviser leur rôle "en direct". Plus fort encore, les experts, les avocats et les magistrats de ce faux procès étaient tous des professionnels et ils ont mené les débats exactement comme s'il s'était agi d'un vrai procès. Même les jures ont été, non pas tirés au sort, mais sélectionnés parmi une centaine de candidats, et ils ont joué le jeu plus vrai que nature. Ainsi la fiction a-t-elle rejoint la réalité. On a vu Me Cotta (la vraie) consoler son client/acteur quand il sanglotait (chagrin ou remords ?) au plus fort du réquisitoire. On a vu le président Deschamps menacer Me Catala (la vraie) de faire intervenir le bâtonnier si elle ne se soumettait pas sur le champ à l'autorité de la cour. On a vu le psychiatre Paul Bensussan (le vrai) être mis en difficulté par les questions de la défense quant aux conclusions de l'expertise qu'il avait spécialement réalisée pour ce faux procès.

Voilà, je ne vous en dis pas davantage. Retenez que cette fiction s'appelle "Intime Conviction", un ambitieux projet signé Maha Production pour la télé, pour le web et même pour la radio avec la future participation active des téléspectateurs et des auditeurs de France Inter. On vous en reparlera. En attendant, ne comptez pas sur moi pour vous dire si Philippe Torreton a été acquitté ou condamné, ça, c'est un grand secret.

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