Pierre Laurent
Pierre Laurent © Radio France / Capture d'écran

Le secrétaire général du Parti communiste français et sénateur de Paris Pierre Laurent était l’invité de Tous Politiques ce dimanche 30 septembre. Juste après la première manifestation organisée par des organisations de gauche contre le gouvernement Ayrault, le leader communiste est revenu sur l’opposition du PCF et du Front de gauche au traité budgétaire européen et à la politique du gouvernement.

« La mobilisation a été très importante, il y avait au moins 80.000 personnes, c’est un pari totalement réussi », a déclaré Pierre Laurent après avoir quitté le cortège de la manifestation organisée ce dimanche après-midi à Paris contre l’austérité européenne. Le secrétaire général du Parti communiste français a défilé en tête de ce cortège. « Le fait que beaucoup d’organisations pensent qu’il faut rompre très vite avec l’austérité, pas dans deux ans, mais maintenant, que c’est une question urgente ; ça, c’est une bonne nouvelle pour la gauche », a déclaré Pierre Laurent.

L’objet de la grogne de ces organisations, c’est l’austérité au cœur du budget français… et du traité budgétaire européen, qui doit être examiné à l’assemblée dès mardi. « Ce sont les forces qui ont voulu le changement au printemps dernier qui se remobilisent pour faire triompher d’autres choix que ceux de l’austérité », ajoute Pierre Laurent.

« Contradiction dans le discours du gouvernement »

Pour le leader du Parti communiste, François Hollande n’a pas tenu sa promesse de campagne, qui revenait à renégocier ce traité budgétaire, signé au mois de mars 2012 par Nicolas Sarkozy :

« Il y avait dans le discours de François Hollande cette contradiction dès le départ », précise Pierre Laurent. « Il disait à la fois qu’il fallait faire la guerre à la finance, et qu’il fallait ratifier ce traité. C’est pourquoi nous avons porté un autre discours ».

« Si on veut sortir de la crise, il faudra sortir de la crise par la solidarité », propose le secrétaire général du PCF. « Sinon ce sera la guerre à tous les étages. Si on veut en sortir positivement, il faut des politiques de soutien social, de redressement social, d’investissement industriel. Si on prend le chemin inverse, nous allons nourrir les engrenages récessifs ».

« Garder notre liberté au service de la gauche »

C’est pour éviter cette contradiction que les communistes ont refusé de faire partie du gouvernement Ayrault, selon Pierre Laurent :

Sans jamais se considérer comme faisant partie d’une opposition, Pierre Laurent semble donc se poser en porte-à-faux par rapport aux forces qui participent au gouvernement, et notamment Europe Ecologie-Les Verts. « Cécile Duflot est prisonnière de ses contradictions », déclare le sénateur PCF de Paris.

« Proposer une sécurisation de l’emploi »

Quelles solutions proposer ? Parmi les pistes évoquées par Pierre Laurent, se pose la question de la dette : faut-il que la France rembourse l’intégralité de sa dette ? C’est l’interrogation qu’il pose :

Outre cette question de la dette, et de la capacité de la BCE à prêter de l’argent aux Etats (qui aujourd’hui ne peuvent emprunter que sur les marchés financiers), Pierre Laurent soutient également la mise en place d’un système de « sécurité de l'emploi ». « Je crois que le grand chantier à engager est celui de la sécurisation de l’emploi. Il faut avoir la même audace que ceux qui ont eu le courage de créer la sécurité sociale à la sortie de la guerre. Il faut créer un système de sécurité de l’emploi (…) et de formation des salariés ».

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