PARIS (Reuters) - L'avocat de la société française PIP, au centre d'un scandale mondial de prothèses mammaires défectueuses, a catégoriquement démenti lundi que les implants contenaient des composants industriels et chimiques, dont un additif pour les carburants.

RTL affirme lundi s'être procuré la composition des prothèses mammaires frauduleuses.

"Au menu, un mélange de produits commandés à des entreprises de composants industriels et chimiques qui n'avaient jamais été testés cliniquement pour leur éventuelle nocivité sur l'organisme dont un additif pour des carburants. Mélangés les uns aux autres, l'illusion était totale", souligne la radio.

L'avocat de Poly Implants Prothèses (PIP), Yves Haddad, qui a annoncé à Reuters que son client, le président-fondateur du groupe Jean-Claude Mas, sortirait de son silence avant la fin de la semaine, a opposé un démenti catégorique à ces informations.

"Ce n'est pas vrai du tout. C'est un produit qui existe depuis 1980 et qui était acheté à (l'entreprise pharmaceutique) Rhône-Poulenc. Il ne s'agit pas d'un produit industriel, mais d'un produit alimentaire du même type que ceux qui entrent par exemple dans la composition des rouges à lèvres", a-t-il dit.

"Je ne suis pas chimiste, mais M. Mas s'expliquera sur tout ceci dans la semaine."

Vingt cas de cancers ont été signalés chez des femmes porteuses des prothèses PIP, selon un nouveau bilan, en date du 28 décembre, de l'Agence des produits de santé (Afssaps).

L'agence précise toutefois qu'aucun lien n'a été établi à ce jour entre ces cas de cancer et le port de ces implants. Le gouvernement a recommandé, par précaution, le 24 décembre, le retrait des implants PIP des femmes concernées dont le nombre en France est estimé à 30.000.

La société PIP est accusée d'avoir utilisé un gel de silicone non conforme, ce que son fondateur, Jean-Claude Mas, a reconnu, selon son avocat.

L'ancien entrepreneur est visé en France par deux enquêtes judiciaires, l'une pour tromperie aggravée et la seconde pour coups et blessures et homicides involontaires. Des plaintes ont été déposées dans d'autres pays.

Matthias Blamont, avec Jean-François Rosnoblet à Marseille; édité par Yves Clarisse

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