La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a dévoilé ce mercredi son plan pour "mieux prendre en charge la dépendance" dans les maisons de retraite. Astreinte de nuit, télémédecine, recrutements, les mesures s'élèvent à plusieurs centaines de millions d'euros.

Une enveloppe de 47 millions d'euros permettra de compenser les pertes de certains Ephad pour 2018 et 2019.
Une enveloppe de 47 millions d'euros permettra de compenser les pertes de certains Ephad pour 2018 et 2019. © Chassenet / BSIP

Après deux importants mouvements de grève dans les services d'aide à domicile et les établissements d'hébergements pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), en janvier et en mars, Agnès Buzyn a présenté ce mercredi "une feuille de route" pour "mieux prendre en charge la dépendance". La ministre de la Santé parle de mesures "immédiates".

Des infirmières d'astreintes la nuit

Parmi les grandes lignes du plan, il y a le renfort du personnel médical de nuit. Dans les Ehpad, les équipes pourront faire appel à une infirmière d'astreinte mutualisée entre plusieurs établissements assez proches. Cette mesure, déjà votée dans la loi de financement de la Sécurité sociale, sera sanctuarisée en 2019 et 2020.

Des hospitalisations en Ehpad plutôt qu'aux urgences

Pour désengorger les services d'urgences dans les hôpitaux, Agnès Buzyn souhaite développer des hospitalisations en Ehpad. Cela se ferait uniquement sur des courts séjours, facturés au même prix qu'à l'hôpital. Pour cela, la ministre prévoit la création de 1 000 places supplémentaires dans les établissements pour faire face à la demande. Une mesure qui permettra de "mieux préparer le retour à domicile", mais qui n'est pas figé dans le marbre. Agnès Buzyn s'en remet aux Ehpad, à travers des enquêtes de satisfaction, pour savoir si cela répond à un réel besoin.

Pour limiter les consultations aux urgences, la ministre annonce également la généralisation de la télémedecine d'ici 2022. Cette mesure s'élève à 40 millions d'euros sur cinq ans.

360 millions d'euros pour recruter dans les Ehpad

En ce qui concerne la convergence, d'ici 2023, des budgets entre Ehpad publics et établissements privés, réforme votée sous le précédent quinquennat et très décriée par le personnel, Agnès Buzyn a annoncé des moyens financiers supplémentaires. Côté soins, partie financée par l'Assurance maladie, la ministre de la Santé promet 47 millions d'euros en plus. Un somme qui va permettre de compenser les pertes de certains Ehpad pour 2018 et 2019. Côté dépendance, partie financée par les départements, le plan vise à accélérer les recrutements dans les Ehpad, grâce à une enveloppe de 360 millions d'euros. Ainsi, 20 000 postes pourraient être créés.

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