PARIS (Reuters) - Le nombre d'enfants atteints de leucémie est deux fois plus important près des centrales nucléaires françaises que dans le reste du pays, d'après une étude publiée mercredi par des experts de la santé et de la sûreté nucléaire.

Cette étude, publiée sur le site du Journal international du cancer, n'établit cependant pas de lien entre ces chiffres et la proximité des centrales nucléaires.

"C'est un résultat qui a été vérifié dans tous les sens et qui est statistiquement significatif et c'est vrai qu'il est assez surprenant par rapport aux études que nous avions faites auparavant", a dit à Reuters Dominique Laurier, responsable du laboratoire d'épidémiologie de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) et co-auteur de cette étude.

"Sur la période (allant de) 1990 à 2001, (...) on voyait une fréquence tout à fait normale et classique", ajoute-t-il.

Entre 2002 et 2007, période à laquelle l'étude a été menée, 14 enfants de moins de 15 ans habitant dans un rayon de 5 kilomètres d'une centrale nucléaire ont été atteints de leucémie, rapporte l'étude. Cette fréquence est deux fois plus élevée que dans le reste du pays, où 2.753 cas de leucémies infantiles ont été diagnostiqués sur la même période.

Les effectifs étant très faibles, il convient d'interpréter ces résultats avec précaution, préviennent les chercheurs. Dominique Laurier recommande que davantage d'études sur les causes, notamment environnementales, des leucémies soient menées.

L'étude a été menée par une équipe de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire et par le Registre National des maladies hématologiques de l'enfant de Villejuif.

Muriel Boselli, édité par Yves Clarisse

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