> Le zoom de la rédaction de Benoît Collombat

L’enquête du juge Van Espen (qui avait placé en détention pendant 12 jours, en 1994, le PDG du groupe Schneider, Didier Pineau-Valencienne) met notamment en cause le syndicat SYNCOPEX (Syndicat national pour l’expansion de la coopération agricole), dont l’adhérent principal est aujourd’hui le groupe Direction générale de l’agriculture UNION INVIVO, premier groupe coopératif agricole français (plus de 5 milliards d’euros de chiffre d’affaire en 2008-2009).

Sont également visées les sociétés hollandaises CODRICO et GLENCORE GRAIN ROTTERDAM B.V., qui appartient au géant suisse GLENCORE.

Après de longues investigations menées dans le plus grand secret, le 11 janvier 2011, la chambre du conseil du tribunal de première instance de Bruxelles a finalement décidé de poursuivre devant le tribunal correctionnel ces différentes sociétés ainsi que le fonctionnaire de la Direction générale de l’agriculture, Karel Brus. Six responsables français d’UNION INVIVO ainsi que l’intermédiaire chargé de faire du « lobbying » à Bruxelles sont également renvoyés en correctionnelle. Aucune date de procès n’a encore été fixée.

A l’heure où le Parlement européen promet des réformes pour accroître les obligations de transparence imposées à ses députés, à la suite d’une affaire de corruption révélée par l’hebdomadaire Sunday Times (trois eurodéputés −un slovène, un autrichien, un roumain− se sont fait piégés par des journalistes se faisant passer pour des lobbyistes ; les élus ont accepté de déposer des amendements en échange de sommes allant jusqu’à 100 000 euros, France Inter a enquêté sur les rouages d’un système d’influence à Bruxelles, souvent évoqué, rarement documenté.

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