> L'enquête de Benoit Collombat résumée dans ce papier

Comme le relève la Chambre régionale des comptes, même si SOGINORPA n’est pas un office public de l’habitat, « la majeure partie des loyers encaissés par SOGINORPA est financée par des crédits publics (…) ce qui implique que la gestion de ceux-ci doive être inspirée par un souci constant et de prudence. » Ce qui, selon la CRC, ne semble pas avoir été le cas, puisque la Chambre régionale des comptes « critique les positions prise sur des marchés financiers, dans le seul but de dégager le maximum de produits financiers, en méconnaissance des règles de prudence et de bonne gestion . »

Consulter les 50 pages du rapport de la Chambre régionale des comptes du Nord-Pas-de-Calais sur la SOGINORPA.

La SOGINORPA (une société par actions simplifiée unipersonnelle depuis 2002) est présidée par Jean-Pierre Kucheida, le député de la 12ème circonscription du Pas-de-Calais, maire PS de Liévin. Jean-Pierre Kucheida n’a pas donné suite à notre demande d’entretien . Le 21 mars 2010, lors du second tour des élections régionales, le député-maire de Liévin avait accusé la presse de favoriser Marine Le Pen et le Front national dans la région Nord-Pas-de-Calais.

Jean-Pierre Kucheida est un proche de Daniel Percheron, le président du conseil régional du Nord-Pas-de-Calais (réélu en mars 2010), premier secrétaire de la Fédération socialiste du Nord-Pas-de-Calais, de 1973 à 1997, l’une des plus puissantes fédérations au sein du PS.

Une politique de placements à risques… une gestion financière préoccupante

Dans son rapport, la Chambre régionale des comptes du Nord-Pas-de-Calais estime que « depuis 2002, SOGINORPA s’est endettée , non seulement pour financer la réhabilitation de son parc immobilier, mais également pour mener une politique de placements à risques . »

Ainsi, « le montant de ses emprunts auprès des établissements bancaires est passé de près de 195 millions d’euros en 2002 à plus de 491 millions d’euros à la fin de l’année 2008 . Au même moment, le placement des fonds empruntés et leur capitalisation ont permis à son portefeuille de passer de 142 millions d’euros, à plus de 409 millions d’euros. La gestion financière menée par SOGINORPA est préoccupante , poursuivent les magistrats financiers, tant au regard des résultats financiers que des conséquences aléatoires pour l’avenir, en raison des risques pris, aussi bien en matière de gestion de la dette que des placements de portefeuille ».

« Afin de se protéger contre une hausse éventuelle des taux variables, des opérations qualifiées de couverture de taux d’intérêt ont été réalisées dès 2003 , détaille le rapport de la CRC. Au fur et à mesure des renégociations, les contrats souscrits ont perdu leur finalité de couverture et sont devenus des produits spéculatifs, présentant des risques élevés en raison des montants de notionnels échangés, des options vendues et des indices sous-jacents retenus. En matière de placements, la totale liberté laissée aux mandataires, gestionnaires de portefeuille, dans le choix des obligations s’est traduite par des dépréciations avérées ou latentes. »

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.