Matignon a accepté de revoir sa copie, en réduisant les économies demandées au secteur du logement social, après deux années de coups de rabots importants. Mais les acteurs du logement ont échoué à faire de ce thème un enjeu central du grand débat, alors même qu'il est au cœur de la question du pouvoir d'achat.

Pour les acteurs du logement, le grand débat est passé à côté d'un enjeu central en n'abordant pas la question de l'habitat et de la capacité à se loger.
Pour les acteurs du logement, le grand débat est passé à côté d'un enjeu central en n'abordant pas la question de l'habitat et de la capacité à se loger. © Radio France / Claire Chaudière

Au sein de l'Union Sociale pour l'Habitat, les différentes familles de bailleurs sociaux se prononceront ce mercredi lors d'un vote sur les nouvelles propositions budgétaires de l'exécutif.

Cela fait des mois que les acteurs du logement (monde HLM, associations de locataires, de lutte contre le mal-logement mais aussi fédération du bâtiment et collectivités locales) tirent la sonnette d'alarme et se heurtent à un mur. Un mur peut-être en train de se fissurer. Le ton et le constat ont changé du côté du gouvernement, se félicite Marianne Louis, secrétaire générale de l'Union Sociale pour l'Habitat, qui représente une grande partie des bailleurs sociaux : "L'inquiétude que nous exprimons depuis le début sur la baisse des mises en chantier et donc des constructions dans le logement social, est désormais partagée au plus haut niveau de l'État. Des mesures transitoires ont été trouvées pour trois ans. C'est un bon point de départ."

Coupes budgétaires moins importantes que prévu 

Le gouvernement propose de revoir les économies prévues à 950 millions d'euros par an jusqu'en 2022, au lieu d'1,5 milliard. Il s'agit de réductions budgétaires qui passent par une baisse des APL directement prélevées sur les loyers du parc social, via une réduction de loyer. Parallèlement, la construction de logements sociaux à destination des plus précaires serait soumise à une TVA réduite, à 5,5%. Tout comme les programmes de l'ANRU, l'agence nationale pour la rénovation urbaine.

Mais la facture reste encore bien trop salée pour une partie des bailleurs sociaux, qui espéraient un arrêt total des coupes budgétaires. "Avec ce niveau de ressources, on risque d'avoir du mal à franchir la barre des 100 000 logements construits par an, alors que les besoins sont très importants" continue Marianne Louis.

Le logement définitivement oublié du grand débat ?

Pas de quoi crier victoire non plus pour Alain Gaulon à la Confédération Nationale du Logement, du côté des locataires : "Non seulement les bailleurs sociaux vont devoir continuer à se serrer la ceinture, mais le grand débat touche à sa fin, et il sera passé à côté d'un sujet majeur, lié à celui du pouvoir d'achat et à celui du bien-être des Français. Le sursaut citoyen que nous, associations, attendions, n'a pas eu lieu."

Aucune des pistes évoquées, envisagées, esquissées ces dernières semaines par le gouvernement ne touche réellement à la question du logement et ne vient contrecarrer une politique de fragilisation et de casse du logement social.

Parmi les mesures d'urgence régulièrement demandées par différents acteurs du logement : la réindexation sur l'inflation des aides aux logement, une TVA réduite pour la construction de logements sociaux à destination des plus précaires... mais aussi des classes moyennes, et le retour de prêts à taux zéro favorisant l'accession à la propriété, hors des grandes agglomération, dans les zones dites "détendues".

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