« Je serai perçu comme le plus grand monstre depuis la deuxième guerre mondiale »

Pour expliquer son geste « cruel mais nécessaire », selon les déclarations faites à son avocat, Anders Behring Breivik a mis en ligne sur internet un manifeste de 1.500 pages "A European Declaration of Independence - 2083". Dans le document il évoque « l'usage du terrorisme comme un moyen d'éveiller les masses ». Ses motivations islamophobes et antimarxistes y sont omniprésentes.

Outre le manifeste, Breivik a publié une vidéo sur YouTube (maintenant retirée) dans laquelle il se met en scène, notamment en se montrant en position de tir avec un fusil. Dans la vidéo il reprend les mêmes thèmes que dans le manifeste : hostilité au marxisme « culturel qu’il faut décimer », haine du multiculturalisme et de l’Islam, qu’il décrit comme « la principale idéologie génocidaire ».

Anders Behring Breivik tel qu'il s'est mis en scène dans une vidéo qu'il a posté
Anders Behring Breivik tel qu'il s'est mis en scène dans une vidéo qu'il a posté © Reuters /

«Breivik c'était le Norvégien bien propre sur lui, personne ne pouvait le suspecter».

Sur son profil sur Facebook (désactivé) Anders Behring Breivik se décrit comme un « conservateur,

chrétien, célibataire, intéressé par la chasse et par des jeux vidéos de guerre ».

Behring Breivik a fait partie, durant 7 ans, du Parti du Progrès, une formation de la droite populiste. Parti qu’il a quitté en 2006 parce qu’il le trouvait trop mou. Depuis, il n’avait jamais fait parler de lui. Il vivait dans un quartier aisé à l'ouest d'Oslo. Un voisin parle d’un « type classique, blanc, de la classe moyenne, le Norvégien bien propre sur lui, personne ne peut le suspecter ».

Vendredi, après la fusillade, Anders Breivik s'est rendu sans résister à la police quand elle est intervenue. Il n'a pas cherché à mettre fin à ses jours, dans sa « déclaration électronique », il avait même imaginé le procès qui suivrait son acte.

Pour Stéphane Bourgoin, criminologue, spécialiste des comportements de "tueurs de masse", rester en vie c'est pouvoir disposer d’une tribune politique au procès.

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« Il aurait dû se suicider plutôt que de tuer d'autres gens »

Anders Breivik dit avoir voulu défendre son pays et l'Europe contre l'islam et le marxisme. Il n’a pas donné plus d’indices pour expliquer son geste fou. Une folie qui désespère la Norvège et Jens Breivik, le père d’Anders. Installé en France, il est cloîtré dans sa villa dans l'Aude, sous la protection des gendarmes et n’a donné d’interview qu’aux médias scandinaves. A la chaîne norvégienne TV2 Jens Breivik a confié ressentir de la peine et de la honte pour ce qu’à fait son fils avec lequel il ne veut plus jamais avoir de contacts. « Il aurait dû finir par se donner la mort plutôt que de tuer tant de personnes. Une personne normale ne peut pas faire ça », dit-il.

Dimanche, Jens Breivik a accepté de parler quelques minutes à Vanessa Descouraux.

Il veut bien répondre à nos questions. Mais il refuse que l'entretien soit enregistré puis diffusé.

Jens Breivik est retraité depuis peu, ancien diplomate en poste en France et en Grande-Bretagne. Le père d'Anders Behring Breivik s'est installé dans le sud de la France. La vie paisible qu'il voulait se construire a été anéantie, hier, quand il découvre sur internet le visage et le nom de son fils, auteur présumé de la tuerie et de l'attentat qui bouleversent la Norvège.

Jens Breivik est effondré, sa voix est blanche et hésitante. La dernière fois que Jens a vu son fils, c'était en 1995. Anders avait 16 ans, "il était dans sa période graffiti". Depuis, ils n'ont plus aucun contact. Il n'a jamais vraiment élevé son garçon, a divorcé peu de temps après la naissance d'Anders. Ils n'ont jamais vécu sous le même toit. Leur lien s'est limité à quelques visites sporadiques.

Dans son manifeste de 1500 pages, le tueur a fait référence à son père. Il le présente comme un sympathisant du parti travailliste, pris pour cible dans les attaques qu'il a minutieusement préparées.

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