René l'énervé
René l'énervé © Radio France
René l'énervé
René l'énervé © Radio France

Jean-Michel Ribes a beau se défendre d’une attaque frontale du pouvoir et de la politique actuels, son « René l'énervé », opéra-bouffe co-signé par le compositeur Reinhardt Wagner, est tout de même une farce sur l'actuelle présidence. Son René apparaît sous la figure d’un épicier rondouillard qui, dans son survêtement bleu et jaune, ne marche pas, mais court. René, petit roquet nerveux et agressif fait dire à ceux qui le poussent vers l’action : « Pas d’idéologie, beaucoup d’énergie, le succès est garanti ».

Quid de l’opposition ?

Elle dort, affalée sur des lits et quand elle se réveille, ses membres, dont certains sont dans la salle (Hollande, Jospin, étaient à la première, Jospin est parti à l’entracte),

ces membres se tapent dessus à coups d’oreillers pour savoir qui parmi eux se présentera.

Ca aussi, ce léger détournement du réél exercé par Ribes et sa dent dure

fait mouche.

Et puis le rire s’épuise et même, s’interrompt, après l’entracte ;

Une fois le candidat René élu, on se lasse des chansons pourtant bien chantées,

le texte s’appauvrit, les rimes deviennent faciles alors qu’il semblait au départ que l’auteur et son compositeur Reinhardt Wagner s’inspiraient ouvertement de leurs brillants ainés, Brecht et Kurt Weil.

Le spectacle tourne en rond, les scènes s’éternisent, plus de rythme, les défauts sautent aux yeux. Pas grand-chose à dire, l’auteur, une fois le candidat René élu.

Ribes s’englue dans une parodie du réel au lieu de transposer ce qu'il dénonce, de tendre vers la fable, d’universaliser son propos. Il reste collé aux faits.

Du coup, la charge clairement anti-politique s’alourdit et vire aux clichés.

Inconsciemment sans doute, Ribes apparaît mysogine dans le portrait de Martine aubry, geignarde « Gauffrette » (son personnage s’appelle comme ça), et de Ségolène royal, transformée en Ginette, une harpie folle de Dieu.

Un événement aussi important que les révolutions arabes sombre dans une sorte de carnaval post colonial, des faux arabes en djellabah revendiquent : « la jeunesse est dans la rue ».

C'est presque du gâchis: le bon plaisir initial s'envole.

Ce qui se prétend une charge politique par l’art, se mue, c’est dommage, en un

spectacle potache.

"René l'énervé", de et par Jean-Michel RIbes et R. Wagner, jusqu'au 29 octobre.

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