Bruxelles lance une troisième enquête sur les pratiques supposées anticoncurrentielles de Google. Cette fois, sa publicité en ligne est visée.

La Commission européenne accuse Google d'abus de position dominante
La Commission européenne accuse Google d'abus de position dominante © Reuters / Dado Ruvic

Ce n’était pas un jour férié à la Commission européenne. Elle a adressé, ce 14 juillet, pas moins de deux actes d’accusation contre Google pour abus de position dominante. Le géant américain est soupçonné d’exercer des pratiques anticoncurrentielles sur son service de comparaison de prix et lors de l’affichage de sa publicité en ligne.

Dans la première affaire, Bruxelles reproche à Google de favoriser son propre service de comparaison. Le régulateur européen craint que les internautes ne voient pas les résultats « les plus pertinents » liés à leurs requêtes, ce qui entrave l’innovation. Il l'explique dans un communiqué.

Concernant le dossier de la publicité en ligne, l’acte d’accusation porte sur les restrictions imposées à certains sites web qui souhaitent afficher des publicités émanant des concurrents de Google. Ces pratiques auraient permis au moteur de recherche de protéger sa position dominante sur le marché juteux de la publicité contextuelle en ligne.

Trois enquêtes parallèles

Il s’agit de la troisième initiative européenne contre le géant américain. La plus récente portait sur des soupçons d'abus de position dominante avec Android, son système d'exploitation mobile. L'autre, lancée en 2010, visait le comparateur de prix Google Shopping.

Cette fois, l'Europe s'en prend à un domaine crucial pour l’entreprise : la publicité. Elle a représenté plus de 90% du chiffre d'affaires de Google en 2015. Cette nouvelle stratégie est le fait de Margrethe Vestager, commissaire européenne à la Concurrence depuis fin 2014. «Si nos enquêtes concluent à la violation, par Google, des règles de l'UE en matière de pratiques anticoncurrentielles, la Commission a le devoir d'agir pour protéger les consommateurs européens », a-t-elle commenté lors d'une conférence de presse.

Google et sa maison-mère Alphabet ont jusqu'à début septembre pour répondre de ces accusations. Selon l'entourage du groupe, certains personnes ont annulé leurs vacances pour préparer la défense. Pour chaque dossier, le géant américain risque, en théorie, une amende pouvant atteindre 10% de son chiffre d'affaires.

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