[scald=107559:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Mohamed Merah, l'auteur des meurtres de Montauban et Toulouse, n'appartenait à aucun réseau et son passage à l'acte "relève davantage d'un problème médical et de fanatisme que d'un simple parcours djihadiste", estime le patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) dans une interview publiée vendredi dans Le Monde.

Bernard Squarcini affirme que le caractère "atypique" de la trajectoire de ce jeune Français d'origine algérienne de 23 ans explique que les services de sécurité n'aient pu "aller plus vite" pour le neutraliser. Mohamed Merah a été tué jeudi matin lors d'un opération du Raid dans le logement toulousain où il s'était retranché.

Il a revendiqué l'assassinat de trois soldats français à Toulouse et à Montauban les 11 et 15 mars ainsi que ceux de quatre personnes, dont trois enfants, dans le collège-lycée juif Ozar Hatorah de Toulouse lundi dernier.

Plusieurs voix se sont élevées jeudi au sein de la classe politique française pour s'interroger sur l'efficacité des services de renseignements français qui ne sont pas parvenus à mettre hors d'état de nuire le jeune homme avant son passage à l'acte.

Le "tueur au scooter" était surveillé par les services de renseignement français en raison de son militantisme fondamentaliste et de voyages en Afghanistan et Pakistan, mais "il n'y a pas de lien" avec le réseau salafiste mis au jour en 2007 à Toulouse et en Ariège, comme a pu le laisser entendre Claude Guéant, affirme Bernard Squarcini.

"Selon les déclarations qu'il a faites lors du siège par le Raid, il s'est autoradicalisé en prison, tout seul, en lisant le Coran. C'est un acte volontaire, spontané, isolé. Et il dit que de toute façon, dans le Coran, il y a tout. Donc, il n'y a aucune appartenance à un réseau", assure le patron du renseignement intérieur.

"Il a déclaré au Raid qu'il avait bénéficié d'un entraînement particulier au Waziristan par une seule personne", explique-t-il.

"C'est quelque chose d'atypique, d'irrationnel et de violent. Mohamed Merah, c'est quelqu'un qui a un comportement violent dès sa petite enfance, qu'on ne peut rattacher à aucune typologie", poursuit Bernard Squarcini, qui estime "qu'il peut y avoir d'autres solitaires comme lui".

"Nous sommes soulagés de l'avoir trouvé. Malheureusement, il y a eu des victimes innocentes, mais il y aurait pu en avoir plus. Nous ne pouvions pas aller plus vite. Nous aurions bien aimé", conclut le patron de la DCRI.

Marine Pennetier et Sophie Louet, édité par Patrick Vignal

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