Capture d'écran du site unepenseepourmarina.free.fr
Capture d'écran du site unepenseepourmarina.free.fr © radio-france

C'était le 26 juin, la cour d'assises de la Sarthe condamnait Eric Sabatier et Virginie Darras à 30 ans de réclusion criminelle , assortis de 20 ans de période de sûreté. Les parents de la petite Marina sont coupables "d'actes de torture et de barbarie ayant entraîné la mort". C'était en 2009, la fillette avait 8 ans, elle avait subi des années de sévices.

Fin de l'histoire? Pas tout à fait. Les associations de protection de l'enfance maltraitée, parties civiles au procès, réfléchissent à la façon de poursuivre les institutions qui ont failli dans cette affaire. Le conseil général de la Sarthe, un médecin scolaire, les pédiatres de l'hôpital du Mans, mais aussi les gendarmes et le parquet du Mans, qui avait classé sans suite une enquête bâclée en 2008. Voilà pour la partie judiciaire. Mais l'histoire a suscité une vague d'émotion inédite dans l'opinion.

Une émotion qui ne retombe pas, et se concrétise notamment par un afflux de propositions auprès des associations. Martine Brousse est la déléguée générale de La Voix de l'enfant.

Nous avons un nombre incroyable de propositions de bénévolat, des dons financiers... C'est la première fois qu'on a un tel mouvement de solidarité, comme si Marina était rentrée dans la vie des gens

Martine Brousse Sur internet, le site [unepenseepourmarina.free.fr](http://unepenseepourmarina.free.fr/) a été lancé le 27 juin, par quelques trentenaires, jeunes parents, bouleversés par le calvaire de la fillette. Il est devenu le lieu de rassemblement de toutes les initiatives pour honorer sa mémoire. Deux groupes Facebook ont aussi été créés, l'un d'eux regroupe plus de 600 membres. Les témoignages que l'on y lit se recoupent. De toute la France, de tous âges, ils disent leur tristesse insurmontable. Certains avouent pleurer tous les jours en pensant à Marina. Nombreux sont ceux qui veulent fleurir sa tombe.**Freddy** est commercial dans le Pas-de-Calais, il est allé au cimetière de Pertain, dans la Somme. > C'est la première fois, à 27 ans, que je pleure pour un faits divers. ça nous a ouvert les yeux sur certaines choses : il faut savoir, pour faire bouger les choses. La première chose que j'ai faite, c'est de lui rendre visite au cimetière.. ça m'a fait beaucoup de bien
Freddy Au delà du recueillement, tous veulent agir. Projet de marche blanche, de lâcher de ballons, lettres type à envoyer aux députés, concertation avec les associations pour améliorer la protection de l'enfance... Les propositions affluent. [Une pétition a également été lancée](http://www.petitionpublique.fr/?pi=P2012N26257), pour réclamer une commission parlementaire sur la maltraitance. **Maryse Roumengous** , institutrice à la retraite du côté de Carcassonne, a eu l'idée d'un rassemblement de chorales, **"un choeur pour Marina"** , ce pourrait être en octobre prochain. > Je veux créer ce choeur qui va battre ensemble ce jour là. Je ne comprends pas pourquoi elle m'appelle comme ça... mais je l'accepte. Pourtant, je suis quelqu'un de rationnel... Je pense que quelque part, elle nous écoute
**Pourquoi une telle émotion, une telle mobilisation pour une enfant qu'aucun n'a connue personnellement?** Les psychiatres se pencheront peut-être sur le sujet. Parleront de transfert, de culpabilité, de failles personnelles, sans doute. C'est vrai, beaucoup ont une "raison" d'avoir été touchés par l'histoire de Marina. Pour avoir été soi-même maltraité, pour avoir, en tant qu'enseignant, été confronté au problème. Mais cela ne suffit pas à expliquer cet élan multiforme, qui compte aussi bien une ingénieure de l'Inserm, une avocate fiscaliste, un cadre du bâtiment qu'une employée de banque ou une grand-mère. Il y a ceux, nombreux, qui se sont protégés pendant ce procès terrible. Qui refermaient le journal, éteignaient la radio, coupaient le son de la télévision. Pour ne pas savoir, ne pas entendre la litanie des horreurs subies par l'enfant. On ne peut pas leur en vouloir. Et puis il y a ceux qui ont voulu tout lire, même le pire, pour ne pas dire on ne savait pas, pour comprendre, même si c'est incompréhensible. Et qui aujourd'hui se sentent marqués à vie par cette histoire. Si leur colère et leur tristesse se transforme en action, alors la mort de Marina, disent-ils, n'aura pas servi à rien. **_A lire également sur ce blog:_** [Le sourire de Marina](http://www.franceinter.fr/blog-main-courante-le-sourire-de-marina) [La première mort de Marina](http://www.franceinter.fr/blog-main-courante-la-premiere-mort-de-marina) **_Sur le site de France inter:_** [Marina, les coulisses d'un procès éprouvant](http://www.franceinter.fr/emission-dans-le-pretoire-les-coulisses-eprouvantes-de-l-affaire-de-la-petite-marina)
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.