WASHINGTON, 14 août (Reuters) - Le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, a laissé entendre mardi que le Pentagone ne considérait pas l'instauration d'une zone d'exclusion aérienne en Syrie comme une question "d'une urgence brûlante".

La priorité pour les Etats-Unis est de s'assurer de la sécurité des sites abritant des armes chimiques et bactériologiques et de travailler avec leurs alliés à une transition aussi calme que possible en cas de chute de Bachar al Assad, une hypothèse jugée inévitable par des officielsaméricains.

"Concernant la zone d'exclusion aérienne, ce n'est pas pour nous une question d'une urgence brûlante", a indiqué Panetta.

L'ancien Premier ministre syrien Riyad Hidjab, qui a rejoint le mois dernier les rangs de l'opposition, a estimé mardi que le gouvernement de Damas ne contrôlait plus qu'un tiers du pays etque le régime était en train de s'effondrer.

Le porte-parole de la Maison blanche, Jay Carney, a expliqué que les Etats-Unis faisaient tout leur possible pour "refermer la nasse autour d'Assad par des moyens diplomatiques et financiers grâce aux sanctions et aux pressions internationales".

"Vous pouvez vous attendre à ce que nous continuions à accroître cette pression sur Assad et à le priver des fonds dont il a besoin pour mener la guerre contre son propre peuple", a ajouté Carney.

L'instauration d'une zone d'exclusion aérienne sous l'égide de l'Onu s'était révélée une option militaire décisive lors de la révolte en Libye contre le dirigeant Mouammar Kadhafi.

Lors d'une audition devant le Congrès en mars, Panetta avait mis en garde contre "les graves dégâts collatéraux" qu'un tel choix pourrait avoir.

Panetta faisait valoir que le système syrien de défense aérienne était bien plus sophistiqué que celui dont disposait l'armée de Kadhafi et était installé dans des zones fortement peuplées.

Le chef d'état-major de l'armée américaine, le général Martin Dempsey, a précisé mardi que la Turquie et la Jordanie avaient envisagé de servir de base arrière "dans ce qui pourrait ressembler à une zone d'exclusion aérienne".

"Mais nous ne prévoyons rien de manière unilatérale", a-t-il précisé.

Phil Stewart; Pierre Sérisier pour le service français

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