Dans le débat qui anime les rédactions sur le fait de publier ou non les photos et identité des terroristes, la direction de France inter explique sa ligne de conduite.

France Inter continuera de publier et donner à l'antenne les identités et certaines photos des terroristes
France Inter continuera de publier et donner à l'antenne les identités et certaines photos des terroristes © Radio France / Radio France

La multiplication des actes terroristes a ouvert dans les médias un débat sur la publication de certaines informations relatives aux assassins, auteurs de ces actes barbares.

Ce débat est légitime. Il ne faut pas s'en exonérer. Il est pertinent que les médias s'interrogent sur leur responsabilité dans ce contexte, en particulier sur le risque de contribuer à glorifier et héroïser des assassins, et à participer ainsi de la mécanique de propagande recherchée par le groupe État Islamique.

Certains médias ont choisi d'anonymiser les meurtriers et de ne diffuser aucune image de leurs visages. Ce n'est pas le choix de France Inter.

Ne diffuser aucun portrait valorisant

Depuis longtemps déjà, nous ne diffusons aucune image, fixe ou vidéo, issue des documents de propagande des terroristes. Il va de soi que nous continuerons dans ce sens. De même, nous ne diffuserons aucune image, aucun portrait de terroriste qui les montrerait sous un jour sympathique ou valorisant. Et bien évidemment nous ne diffuserons aucun document qui serait susceptible de nuire au bon déroulement d'une enquête en cours.

En revanche, pousser plus loin l'autocensure serait, à notre sens, une erreur : nous continuerons donc de publier les identités et les photos d'identité (ou d'état civil) des assassins (ainsi que toute image susceptible de constituer un élément de preuve sur leurs agissements) pour trois raisons:

1. Le principe même du métier de journaliste est d'informer en livrant la vérité: le patronyme et le visage d'une personne sont des éléments d'information.

2. Censurer une partie de la vérité alimenterait les théories du complot qui prospèrent sur ces sujets et serait donc contreproductif.

3. L'Histoire nous l'a montré: l'inhumanité de l'homme est un fait récurrent. Nier le fait que la barbarie a visage humain n'aidera en rien à éradiquer la dite barbarie.

Il faut nommer les choses, en conscience.

Jean-Marc Four, directeur de la rédaction de France Inter

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