Des sols désespérément secs, des mois quasiment sans pluie, des cours d’eau au plus bas… L’automne n’a pas permis de mettre fin à la sécheresse qui s’est installée depuis le début de l’année. Vingt-cinq départements sont toujours soumis à des restrictions d’eau. La situation est particulièrement tendue dans le sud-est.

Montjean-sur-Loire, dans le Maine-et-Loire, fait partie des zones toujours soumises à des restrictions d'eau.
Montjean-sur-Loire, dans le Maine-et-Loire, fait partie des zones toujours soumises à des restrictions d'eau. © AFP / Loïc Venance

Pour cette dernière semaine de novembre, la pluie s’annonce quasi-quotidienne sur la majeure partie de la France. Pas suffisamment néanmoins pour endiguer une sécheresse qui n'en finit plus.  Un quart des départements sont toujours soumis à des restrictions d'eau. "Cet épisode est remarquable du fait qu’il dure depuis le début du printemps, avec très peu de pluie sur le bassin méditerranéen, et notamment sur le sud-est", note Emmanuel Demaël, prévisionniste à Météo France. 

Niveaux pluviométriques historiquement bas

Octobre a été particulièrement sec, avec un déficit proche de 70%. Jamais il n’avait aussi peu plu en région Provence-Alpes-Côte d’Azur (0,2 mm de précipitations à Nice, 1,2 mm à Orange, 1, 8mm à Nîmes). 

De quoi aggraver une sécheresse qui a démarré à l’hiver dernier. Habituellement, la fin de l’été et le début de l’automne permettent de recharger les nappes phréatiques. Cette année ça n’a pas été le cas. Dans ces conditions, "il ne serait pas étonnant que d’ici la fin 2017 dans certaines villes du Var ou de Corse, le niveau de précipitations descende sous des seuils jamais atteints", estime Emmanuel Demaël, à Météo France. 

Le cumul des précipitations efficaces est généralement déficitaire de plus de 50 % au sud d’un axe Loire-Atlantique – Bas-Rhin.
Le cumul des précipitations efficaces est généralement déficitaire de plus de 50 % au sud d’un axe Loire-Atlantique – Bas-Rhin. © Visactu / Visactu

La production d’électricité impactée

Depuis plus d’un siècle, le débit moyen du Rhône n’a jamais été aussi faible. "Normalement à cette période on surveille le niveau du fleuve à cause du risque d’inondation", explique Jean-Marie Gilles, maire de Vallabrègues, commune de 1 400 habitants dans le Gard. Mais l'édile s'inquiète : 

En ce moment, le débit du Rhône est similaire à ce qu’on observe au cœur de l’été

Conséquence : les 19 barrages qui jalonnent le Rhône sont en sous-régime, avec une production en baisse de 30% en un an. Mais pas d'inquiétude à avoir pour le moment. "On compense avec les autres sources d’énergie, et notamment le nucléaire",  explique Didier Lhuillier, directeur général de la Compagnie Nationale du Rhône.

La truffe se vend à prix d’or

Quant à l’agriculture, elle subit. Les producteurs de fruits et légumes pâtissent d’une récolte faible, et les éleveurs achètent le fourrage au prix fort. Dans les Hautes-Alpes, les troupeaux ont été mis en bergerie avec deux mois d’avance en raison du manque d’herbe à pâturer.

Les viticulteurs du sud-est de la France déplorent eux aussi une baisse de leurs rendements, avec une chute estimée à 45% dans les Bouches-du-Rhône, 20 à 50% sur les coteaux varois et de 30 à 50% dans les vignobles du Vaucluse.

La truffe a également souffert de la sécheresse des sols. En raison de la pénurie en PACA, son prix au kilo pourrait dépasser 1 500 euros sur les marchés de Noël, contre 1 200 euros l’an dernier, selon un spécialiste. 

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