par Antonella Cinelli

ILE DU GIGLIO, Italie (Reuters) - Les préparatifs ont débuté mardi autour de l'épave du Costa Concordia pour pomper les tonnes de carburant entreposées à bord du paquebot accidenté et éviter une marée noire potentiellement catastrophique sur les côtes de Toscane.

Onze jours après le naufrage, 15 corps ont été récupérés par les sauveteurs qui poursuivent leurs recherches dans la partie immergée du navire de 290 m de long pour retrouver les 17 personnes toujours portées disparues.

La société néerlandaise de sauvetage SMIT a transporté une barge munie d'équipement anti-pollution près de la coque du paquebot et des plongeurs ont commencé à installer des réservoirs extérieurs qui serviront à récupérer le carburant.

Parallèlement, des artificiers de la marine italienne ont ouvert une brèche au niveau du troisième pont submergé du navire pour permettre aux sauveteurs-plongeurs de continuer leurs recherches.

Celles-ci se poursuivront en même temps que les préparatifs de pompage, a dit le porte-parole des pompiers Claudio Chiavacci.

Ces préparatifs devraient s'étendre sur deux jours environ. Le pompage proprement dit des 2.300 tonnes de carburant contenues dans les 17 cuves du navire est prévu pour durer un mois.

Les autorités redoutent une fuite de carburant autour du navire, dans une zone naturelle protégée, mais démentent pour l'heure toute pollution.

L'ENQUÊTE POURRAIT S'ÉLARGIR

La justice poursuit de son côté son enquête sur les circonstances de l'accident et devrait élargir ses auditions aux responsables de Costa Croisières, l'opérateur du navire.

Le capitaine du paquebot, Francesco Schettino, qui aurait approché la navire trop près de la côte, a été inculpé d'homicides multiples et d'abandon de poste avant la fin de l'évacuation des quelque 4.200 passagers et membres d'équipage.

Mais son avocat a déclaré lundi que l'enquête pourrait s'élargir à d'autres responsables de Costa Croisières, filiale de l'américain Carnival, premier croisiériste mondial.

Francesco Schettino a affirmé aux enquêteurs que c'est la compagnie Costa Croisières qui lui avait demandé de s'approcher le plus possible de l'île du Giglio, où le paquebot a heurté un récif dans la soirée du 13 janvier, afin de réaliser une manoeuvre connue sous le nom d'"inchino" ("la révérence"), un salut aux habitants de l'île.

Il assure avoir informé en temps réel Costa Croisières de la situation et précise que son attitude a été approuvée par le directeur des opérations de la compagnie, Roberto Ferrarini, lors de plusieurs conversations téléphoniques le soir du drame.

Costa Croisières a indiqué mardi qu'il était prêt à coopérer pleinement avec les enquêteurs.

Jean-Stéphane Brosse pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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