La recette du succès dans la presse hebdomadaire française ? Difficile à lire, si l'on observe les chiffres de l'ACPM, l'Alliance pour les chiffres de la presse et des médias.

Sur un marché des magazines en repli de 2,2% sur douze mois, la presse hebdomadaire chute plus durement que les autres. En dépit d'une année riche en actualité.
Sur un marché des magazines en repli de 2,2% sur douze mois, la presse hebdomadaire chute plus durement que les autres. En dépit d'une année riche en actualité. © AFP / Simon Guillemin / Hans Lucas

Point commun entre les hebdomadaires français, de nature très différente : leur diffusion papier dégringole (-2,2% sur douze mois), inexorablement, à de rares exceptions près.

Les populaires s'effritent toujours

En tête du classement des ventes, les magazines de programmes de télévision s'accrochent, avec des diffusions à faire pâlir leurs confrères. TV Magazine à 4,6 millions d'exemplaires (diffusé gratuitement le week-end avec la presse quotidienne régionale), Télé 7 Jours au-dessus du million... Des réalités qui ne doivent cependant pas cacher des évolutions chroniques à la baisse (-3 à -5%), et la chute est d'autant plus dure que l'on part de haut.

Les notables à la peine

Côté magazines d'information, best-sellers des années 2000, il devient urgent de trouver des relais de croissance. L'année présidentielle écoulée n'a pas suffi à les ramener dans le vert. C'est Le Point qui paie le prix le plus fort, avec un repli de 6,44%, suivi par L'Obs, à -4,65% et Paris Match, qui perd de son côté 4,35%. L'Express et Marianne résistent… à un niveau de diffusion plus faible néanmoins. Les nouvelles formules ne sont plus la panacée.

Les people et féminins ne paient plus

Faut-il y voir un changement d'époque ? Les années 2000 ont vu naître, sur les cendres des magazines à sensation et portés par une explosion des images de stars, une kyrielle de magazines people. Qu'en reste-t-il aujourd'hui, alors que la vie des gens s'étale non plus seulement à la télévision mais sur les smartphones ? Closer et Grazia sont sévèrement sanctionnés, avec des baisses respectives de 8,08% (245 000) et 7,46% (130 000). Leur aïeul, Voici, ne fait guère mieux : le magazine du groupe Prisma perd 8,39% sur un an, à 230 000 exemplaires. Seul Public rebondit, avec des ventes en hausse de 7,33% (163 000).

Portés disparus et miraculés

En bas du classement, VSD cumule les déboires. Ses ventes s'effondrent de 11,74% pour une diffusion de 82 900 exemplaires en moyenne chaque semaine. En 2013, le magazine se vendait à 120 000 exemplaires. A l'opposé, l'hebdo économique Challenges – c'est une des rares bonnes nouvelles de ce classement – rebondit : avec +8,85% de progression sur les douze derniers mois, à 206 000 exemplaires, le magazine enregistre la deuxième plus forte hausse derrière l'autre miraculé du classement : le guide de sorties, enlisé dans une baisse chronique, progresse de plus de 20%.

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