Deux hommes ont pris des fidèles en otage, et tué le prêtre d'une église de Saint-Étienne-du-Rouvray, près de Rouen. Ils ont été abattus par la police. L'EI revendique l'attaque.

Vue arrière de l'Église Saint-Étienne, à Saint-Étienne-du-Rouvray
Vue arrière de l'Église Saint-Étienne, à Saint-Étienne-du-Rouvray © Radio France / (Capture écran Google Street)

Deux hommes ont pénétré dans une église de Saint-Étienne-du-Rouvray près de Rouen (Seine maritime), en pleine messe ce mardi matin vers 9h45. Ils ont agressé à l’arme blanche et pris en otage six personnes : le prêtre, trois religieuses et un couple de fidèles présents. Alerté par l'une des religieuses qui a réussi à s’échapper, les forces de l’ordre sont intervenues rapidement : les hommes de la BRI, mais aussi des camions de pompiers qui ont pris place dans les rues adjacentes pour s’occuper des blessés.

Plusieurs coups de feu ont été entendus lorsque l’assaut a été donné. "Les deux assaillants ont été abattus par les hommes de la BRI de Rouen", a déclaré sur France Info Pierre-Henry Brandet, porte-parole du ministère de l'Intérieur. "Un otage a été tué, un autre a été très grièvement blessé" a aussi ajouté. La victime est le prêtre de la paroisse, mort égorgé, selon l'une des sources policières. Le blessé est actuellement entre la vie et la mort.

Attaque de Saint-Étienne-du-Rouvray, les principaux faits
Attaque de Saint-Étienne-du-Rouvray, les principaux faits © Radio France / Visactu

Revendication par l'État Islamique

Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve ainsi que François Hollande sont arrivés sur place vers 12h30, alors que le parquet antiterroriste annonce s’être saisi de l’affaire. Les deux preneurs d'otages étaient "deux terroristes se réclamant de Daech", a déclaré François Hollande pendant son déplacement sur les lieux, ajoutant que "la menace reste trés élevée" : "Les français sont menacés (...) mais leur force tient à leur cohésion" a affirmé le président de la République. De son côté, l'État islamique a salué l'attaque, perpétrée par deux de ses "soldats", via son agence de communication Amaq.

L'un des auteurs identifié

L'un des deux auteurs de la prise d'otages "serait connu des services antiterroristes", ont indiqué à l'AFP des sources proches de l'enquête. L'homme, abattu avec son complice par les policiers, était fiché "S" et portait un bracelet électronique. Il avait tenté de rallier la Syrie en 2015 et avait été, à son retour, mis en examen pour association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste et placé en détention provisoire, avant d'être libéré sous bracelet électronique. Mardi après-midi, un suspect mineur a été mis en garde à vue dans le cadre de l'enquête.

Des armes factices et un enregistrement

Selon la police, les deux assaillants avaient des armes blanches type couteau, "un dispositif factice faisant penser à un engin explosif, ( ..) et un vieux pistolet inopérant" a expliqué une source proche de l'enquête. Vers 16H00, soit environ cinq heures après la fin de la prise d'otages, la police nationale a annoncé que l'opération de déminage et de sécurisation de la zone était terminée. Aucun explosif n'a été découvert, mais l'une des otages qui a réussi à s'échapper pour donner l'alerte, affirme au Figaro que les deux attaquants se seraient enregistrés pendant la prise d'otage.

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Par Alice Serrano

L'archevêque de Rouen demande "la fraternité entre les hommes"

Un communiqué publié ce matin par l'archevêque de Rouen, Dominique Lebrun, indique que le prêtre tué était Jacques Hamel, 86 ans.  "De Cracovie, j'apprends la tuerie advenue ce matin à l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray. Elle fait trois victimes: le prêtre, le père Jacques Hamel,  et les auteurs de l'assassinat", a écrit l'archevêque depuis la Pologne, où il participait aux Journées mondiales de la jeunesse.

"Je crie vers Dieu, avec tous les hommes de bonne volonté. J'ose inviter les non-croyants à s'unir à ce cri", ajoute le prélat, qui précise qu'il sera "dès ce soir dans mon diocèse auprès des familles et de la communauté paroissiale très choquée". "L'Eglise catholique ne peut prendre d'autres armes que la prière et la fraternité entre les hommes", conclut-il.

Réactions de la classe politique

La nouvelle de cette agression a évidemment enflammé les réseaux sociaux, sur lesquels la classe politique n'a pas manqué de réagir, comme le Premier ministre Manuel Valls, Ségolène Royal ministre de l'Environnement, ou encore Bruno Le Maire ou Cécile Duflot (Europe-Écologie les Verts)

"La France gagnera la guerre contre le terrorisme en faisant "bloc"

A 20H, François Hollande s'est exprimé en direct de l'Elysée. "La France gagnera la guerre contre le terrorisme en faisant bloc", a déclaré le président. "Face à cette menace, qui n'a jamais été aussi grande en France comme en Europe, le gouvernement fait preuve d'une détermination absolue et mobilise tous les moyens humains et matériels."

En répondant certainement aux propositions de la droite, le Président a précisé que "le gouvernement applique et appliquera avec la plus extrême fermeté les lois que nous avons fait voter", dont la capacité est amplifiée par la prolongation de l'état d'urgence." Mais je le dis clairement : restreindre nos libertés, déroger à nos règles constitutionnelles n'apporterait pas d'efficacité dans la lutte contre le terrorisme et affaiblirait à coup sûr la cohésion si précieuse de notre nation. Notre pays doit éviter les surenchères, les polémiques, les amalgames, les suspicions."

Prise d'otage dans une église de Saint-Étienne-du-Rouvray (Seine-Maritime)
Prise d'otage dans une église de Saint-Étienne-du-Rouvray (Seine-Maritime) © Radio France / Visactu
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