des incidents ternissent le sacre du psg à paris
des incidents ternissent le sacre du psg à paris © reuters

La grande fête prévue sur la place du Trocadéro à Paris pour célébrer le titre de champion de France du PSG a tourné court hier en fin d'après-midi en raison de nombreux débordements de supporters. Bilan : 21 interpellations et une trentaine de blessés, dont trois policiers. Et les joueurs ne présenteront pas leur trophée devant l'Hôtel de ville, comme cela était prévu.

Entre 10.000 et 15.000 personnes s'étaient rassemblées sur la grande place du XVIe arrondissement pour venir acclamer leurs champions, titrés la veille à l'issue d'une victoire à Lyon (1-0).

Au final, la fête a été gâchée, les joueurs recevant leur trophée à la hâte, en cinq minutes au lieu des 20 programmées initialement. Aucun d'entre eux ne s'est exprimé, ni le maire de Paris ni le président de la Ligue de football professionnel (LFP), Frédéric Thiriez. Leur croisière sur la Seine censée conclure en beauté cette belle journée parisienne a par ailleurs été annulée au dernier moment.

A l'issue de cette cérémonie expédiée à la hâte, des affrontements ont éclaté entre les forces de l'ordre et certaines personnes, avec des jets de projectiles, de barrières de sécurité et de grenades lacrymogènes du côté des forces de l'ordre. Des vitrines de magasins ont été brisées et du mobilier urbain dégradé, a-t-on constaté sur place.

Le reportage de Nour-Eddine Zidane

Le préfet de police de Paris a dénoncé des comportements "d'une grande violence" de "plusieurs centaines, voire milliers, de casseurs" et annoncé que le club parisien serait désormais privé de manifestations festives sur la voie publique.

"Ils ont gâché la fête. J'habite le quartier et je suis hyper déçu. Je m'attendais à ce qu'il y ait quelques débordements à la fin mais certainement pas comme ça", a dit un supporter consterné, Alexandre, les yeux larmoyants après avoir été en contact avec du gaz lacrymogène.

"Je suis hyper déçue"

"C'était vraiment hyper mal organisé. On était là pour fêter le titre tous ensemble et au-lieu de ça, les joueurs sont restés à peine deux minutes, on ne les a pas vus et tout est parti en vrille", a ajouté le jeune homme de 19 ans.

Bakaille, un supporter du PSG venu pour fêter le titre

Un casseur qui ne cache pas ses intentions

Les mouvements de foule, les jets de pétards et de fumigènes ont effrayé bon nombre de personnes venues assister à la cérémonie, dont Djeneba, une jeune femme âgée de 20 ans. "J'ai vraiment eu peur. J'étais venue parce que j'étais heureuse de fêter ce titre et au final, on n'a pas vu grand chose et c'était hyper dangereux. Je suis hyper déçue", a-t-elle raconté.

Avant que cela ne dégénère, l'ambiance était plutôt bon enfant. Et ce jusqu'à ce que des ultras lancent des fumigènes sur des stewards du club et que d'autres supporters escaladent un échafaudage en forme de tour à proximité du Palais de Chaillot.

Le speaker a alors tenté de raisonner les inconscients en leur expliquant que le fragile édifice risquait de s'effondrer et que les joueurs ne pouvaient pas arriver dans ces conditions pour recevoir leur trophée. En vain. Et c'est alors que les premiers mouvements de foule ont eu lieu, que la tribune de presse a été envahie, et qu'un parfum de léger chaos a envahi la place parisienne.

Présent sur la scène pour partager sa joie avec les joueurs du PSG, le maire de Paris Bertrand Delanoë a regretté ces incidents tout en les minorant. "C'est dommage qu'il y ait eu une poignée de perturbateurs, les débordements ont été contenus, la fête n'a pas été gâchée", a-t-il dit sur BFM TV.

Pouvait-on éviter ces débordements ?

Alliance, le second syndicat des gardiens de la paix, Synergie, le second syndicat d'officiers, estiment que l'ampleur de l'événement a été "sous-estimée". Le préfet de police a contesté cette version, en précisant que 800 policiers avaient été mobilisés.

Il s'est également interrogé sur la pertinence du choix fait selon lui par la Ligue de football professionnel (LFP) et le PSG d'organiser la cérémonie au Trocadéro "avec en fond de tableau la Tour Eiffel qui est le symbole du club", plutôt qu'au Parc des Princes plus facile à sécuriser. Le club avait déjà retenu ce site emblématique pour présenter sa recrue galactique Zlatan Ibrahimovic l'an dernier.

Les précisions de Sandy Dauphin

Côté politique, les critiques fusent. L'UMP dénonce la responsabilité du gouvernement et notamment "l'inertie inadmissible de Manuel Valls", le ministre de l'Intérieur, par la voix de son secrétaire général adjoint Geoffroy Didier. Claude Goasguen, le député-maire du XVIe arrondissement de Paris, où se trouve le Trocadéro, appelle même Manuel Valls à démissionner.

Marine Le Pen qualifie les casseurs de "racailles", un "déferlement de barbares qui ont sacagé le coeur de Paris" ajoute-t-elle.

Le ministre de l'Intérieur répond simplement que "tous les moyens d'enquête disponibles seront mis en oeuvre pour identifier et confondre les casseurs". La police s'appuiera notamment sur les images de vidéosurveillance. Manuel Valls qui a également annoncé que les joueurs du PSG ne présenteraient pas leur trophée aux supporters devant l'Hôtel de ville, comme cela était prévu.

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